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© Michel Séméniako

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Editorial, Jacques Arlandis, directeur de l’ENS Louis-Lumière

L’intuition a fait germer l’énoncé du thème de ce troisième Cahier Louis-Lumière : nous traiterions du mouvement tectonique qui bouscule, voire recompose, les champs propres du cinéma, de la photographie et du son . Ce numéro poserait ainsi la question des nouvelles interférences, la question de l’inflexion des pratiques qui constituent les domaines de l’image et du son, et dans un registre différent, la question de la recherche qu’on y effectue. Il aborderait enfin la question de la création qui les fait vivre.
Nous invitons chaque lecteur à dégager sa propre grille de lecture à partir de contributions qui constituent ce Cahier Louis-Lumière, en espérant qu’il partage avec nous l’appréciation du caractère stimulant de cette livraison.
Pour ma part, je verrais volontiers émerger de nouvelles frontières, je me placerais volontiers dans un champ où se redessinent sous nos yeux quatre domaines audiovisuels, quatre systèmes de valeur, issus du croisement de deux lignes de partage des pratiques, celles que nous impose la technique et celles que nous dessine le social.

Ce qui peut stimuler la réflexion, c'est l'exploration du croisement de ces lignes de partage qui sont tout autant des lignes de force de la convergence que de la divergence (de l'identité propre).
La technologie, vue comme une première ligne de partage, séparerait le champ en deux : celui de la haute d?finition et celui de la basse définition. Les pratiques sociales confirmeraient quant à elles le partage entre espace professionnel et espace public. Quatre domaines s?obtiendrait en croisant les champs précédents deux à deux, dans une combinatoire à la fois simple et féconde : gestion du risque versus gestion du chaos, collaboration versus prédation, amateurisme versus culture démocratique. Tout ceci formerait une nouvelle physique sociale, et permettrait d'identifier les nouvelles tensions d'un système audiovisuel en profonde mutation.
Jacques Arlandis.
Directeur de la publication

Introduction, Frédérique Mathieu, chargée de mission recherche

Nous avons choisi pour ce troisième numéro, de s’interroger sur l’identité des différentes formes d’art image et son, en abordant leurs spécificités, leurs champs et leurs mutations en relation avec les évolutions socio-culturelles, technologiques, dont l’introduction du numérique. Ces formes ont longtemps été établies à partir de leur support. Aujourd’hui, dans leur démarche artistique, les auteurs développent souvent une relation avec d’autres outils et matières, échappant par là-même aux définitions convenues de chaque champ de création. Devant cette perméabilité d’influences, on peut s’interroger sur ces « nouvelles » créations/expérimentations artistiques hybrides, sur leur identité, mais aussi sur fonction économique et sociale. Il est donc aussi question de tenter d’identifier où se situe l’acte créatif, par qui est–il réalisé, quelles sont les compétences mise en jeu, de quel type d’engagement s’agit-il.
Une première partie des contributions s’attache au cinéma, à la nature et au statut des « images » et du récit. Elles proposent réflexion et interrogation sur comment s’articulent les transformations entre la saisie du réel, le visible et le virtuel et quelle perception en a le spectateur ; quelles sont les modalités d’écriture pour que le spectateur perçoive le rapport entre réel et réalité filmée, pour qu’il en identifie

la frontière mouvante et qu'il saisisse les élèments qui permettent ces perméabilités de territoires.
Ensuite, autour des dispositifs qui se modifient, se transforment, nous interrogeons les formes de représentation image et son qu'ils proposent, l'esthétique de ces oeuvres/expériences et les modalités de réception. La participation de spectacteurs engendre des interrogations sur la nature de ces oeuvres. En effet, le recours au numérique induit d'une part des relations inédites pour les phases de conception et de réalisation, des les redistribués ainsi que des transferts, voir des pertes, de compétence. D'autre part il modélise nos démarches à travers l'utilisation que nous faisons de ces données, leur circulation. Les spectacteurs sont-ils des agents qui déchiffrent un code régissant les signes qui sont proposés ; par leur exploration, produisent-ils une oeuvre et à quel moment l'oeuvre advient-elle.
Aujourd?hui, le concepteur de l'oeuvre, cet artiste, artisan, ingénieur, producteur, travaille aux frontières des formes d'art et de la science. Nous avons fait appel, comme notre thème nous le suggérait, à des auteurs dont les domaines sont diversifiés afin que ce Cahier reflète les interactions et stratifications de la situation actuelle de ce champ de recherche.

Directeur de publication : Jacques Arlandis, Directeur de l’ENS Louis-Lumière
Comité éditorial : Françoise Denoyelle - Gérard Leblanc - Gérard Pelé ; enseignants à l’ENS Louis-Lumière
Coordination éditoriale : Frédérique Mathieu, chargée de mission recherche
Communication : Méhdi Aït-Kacimi (m.aitkacimi(at)ens-louis-lumiere.fr)

Ont participé à la rédaction de ce numéro :
Jean-Michel Borde, Carol-An Braun & Annie Gentès, Nathalie Fougeras, Gérard Leblanc, Gérard Pelé, Michel Séméniako, Clelia Zernik. 

Création graphique originale : Magdalena Holtz
Maquette : A la Bastille
Impression (1 000 ex) : Hémisud (France 83)