Editorial
A l'initiative de l'ENS Louis-Lumière, sur une idée de thème formulée par Gérard Leblanc, nous avons avec l'Université de Marne La Vallée organisé un séminaire international sur le thème du "dispositif" en Juin 2006. Nous avons souhaité en publier les actes de façon quasi exhaustive.
Dans la politique éditoriale des "Cahier Louis-Lumière" cela constitue notre premier numéro double.
Si je devais me risquer à rendre compte de la richesse de son contenu, je dirais que c'est un travail sur "les dispositifs" vus sous le prisme de
"l'entre deux":
Entre espace public et espace privé,
Entre anachronique et avant-garde,
Entre 2D et 3D, la bientôt fameuse 2,5D
Entre l'acteur et le système,
Entre l'espace visité et la perception du visiteur...
Un champ sémantique aussi large laisse augurer la multiplicité, la diversité et la complémentarité des analyses et des recherches qui sont présentées dans ce numéro. C'est en soi, un dispositif éditorial particulier. Mais n'anticipons pas sur le parcours et la lecture qui en sera faite.
En signant une dernière fois en tant que directeur de la publication cet édito, je ne peux qu'encourager les équipes qui produisent, réalisent et diffusent le Cahier Louis-Lumière à poursuivre dans la voie que nous avons ouverte il y a trois ans en créant cette revue comme un point focal de l'édition de textes multidisciplinaires dans le champ de l'image et du son.
Longue vie au Cahier Louis-Lumière.
Jacques Arlandis
Directeur (2002 - 2007)
Introduction
Le dispositif étant déterminant et central pour toute pratique autour de l'image qu'elle soit photographique, sonore ou cinématographique, nous avons voulu pour ce colloque une configuration spécifique d'ouverture sur ce sujet, certes en confrontant les points de vue et les travaux, mais aussi en offrant la possibilité d'explorer certains dispositifs installés autour des lieux de conférence.
C'est ainsi que, durant ces deux jours de colloque, certains chercheurs / concepteurs ont pu offrir leur dispositif à l'expérimentation de l'assistance.
L'exploration individuelle ouvre vers l'identification des différents degrés de « liberté » d'action du spectateur, acteur ou lecteur, suivant les situations. Le spectateur / acteur est invité à se positionner dans l'espace, dans des espaces d'interpellation ou d'interaction, initiés par le son, l'image mobile, l'image cathodique, l'image photographique.
Dans le cadre de cet espace expérimental qui a été proposé, chacun a été confronté à sa prédisposition, à sa position, à sa disposition et a pu apprécier la qualité de la relation que chaque dispositif propose.
Ces situations diverses, hybrides, évolutives ont aussi permis à chacun d'éprouver les mutations propres à l'intention de recherche de chaque dispositif. L'expérience physique a le mérite d'interpeller chaque expérimentateur sur sa démarche d'appropriation spatiale, visuelle, auditive ; il se trouve là dans un espace de négociation qui, à travers le concept, interpelle tant l'art que la technologie.
Offrir un moment d'exploration individuelle d'une réalisation qui a fait l'objet d'une communication nous a semblé faire partie intégrante du projet de ce colloque. C'est une initiative qui illustre bien, outre la recherche fondamentale, notre positionnement à la croisée de l'art et de la technologie, notre volonté de développer et d'accueillir aussi des pratiques de recherche associées à la création.
Fréderique Mathieu
Chargée de mission recherche et concours
ENS Louis-Lumière
Présentation
Soutenu par leurs directions respectives (Jacques Arlandis pour l'Ecole nationale supérieure Louis-Lumière, la Présidence, le Conseil Scientifique et le laboratoire LISAA pour l'Université de Marne-la-Vallée), le colloque « Les dispositifs » est d'abord le résultat d'une synergie entre des enseignants chercheurs de ces deux institutions. Il eut des prolongements à la Ferme du Buisson et sur France Culture.
Le colloque s'est délibérément ouvert, sans exclusion ni exclusive, à tous les points de vue argumentés qui élaborent actuellement, tant des hypothèses de recherche que des expérimentations, et souvent les deux ensemble, sur la question des dispositifs. On ne s'étonnera pas dans ces conditions de relever des contradictions, comme d'ailleurs de nombreux points de convergence, dans les textes réunis ici. Si elles n'étaient pas systématiquement recherchées, nous ne voulions pas non plus les évacuer car elles font partie du paysage actuel. Elles ne peuvent à notre avis qu'inciter le lecteur à tracer son propre cheminement analytique, théorique et pratique.
Il ne s'agissait évidemment pas de se borner à des descriptions de dispositifs, aussi documentées fussent-elles. Il s'agissait aussi et surtout de s'interroger sur les enjeux des transformations technologiques. On en aura ici la confirmation, l'histoire des technologies n'est pas plus linéaire qu'une autre et les technologies les plus récentes n'abolissent pas des questions posées bien avant leur apparition. L'histoire a un rôle de mise en perspective de tous les dispositifs et débouche également sur des approches transversales où plusieurs dispositifs, anciens ou nouveaux, sont confrontés différemment aux mêmes problèmes.
Sans négliger les questions théoriques fondamentales en dehors desquelles la recherche appliquée ne serait que la défense et l'illustration des modes d'emploi proposés par l'industrie des dernières technologies apparues sur le marché, le colloque a accordé une large place à des dispositifs expérimentaux souvent assortis des réflexions et hypothèses de leurs concepteurs et conceptrices.
Nous ne visions pas à l'exhaustivité mais au repérage et à la discussion des questions à l'œuvre aujourd'hui autour des dispositifs. D'autres colloques suivront.
Gérard Leblanc (Ecole nationale supérieure Louis-Lumière), Sylvie Thouard (Université de Marne-la-Vallée).
Merci à Geneviève Jacquinot-Delaunay (professeur, Université Paris 8) qui a bien voulu accepter de modérer une demi-journée du colloque
Merci à Frédérique Mathieu, chargée de mission recherche (ENS Louis-Lumière) pour la coordination de ce colloque, à Pascal Martin, Maître de conférence (ENS Louis-Lumière) pour son rôle actif dans la mise en place des installations, ainsi qu'à Béatrice de Pastre enseignante à l'Université de Marne-la-Vallée, au Service Audiovisuel et au CIO (UMLV) età Alain Aubert, Maître des conférences (ENS Louis-Lumière), pour ses relectures attentives.