Ce Mémoire se propose d’étudier l’apport dynamique de la couleur à l’image cinématographique. Le cinéma couleur est ici considéré comme lieu de rencontre des théories de couleur qui ont marqué les sciences et les arts du XIXe et XXe siècle. Celle d’Isaac Newton qui considère la couleur comme composante de la lumière blanche et celle de Johann Wolfgang Goethe selon laquelle chaque couleur est associée à une sensation de mouvement. Les deux influencèrent considérablement les méthodes de production d’image, de la peinture impressionniste au procédé optique Technicolor. Il est de fait que le cinéma couleur repose sur la découverte Newtonienne mais mettant en scène des formes colorées en mouvement, il en appelle également aux théories de Goethe. En effet si un contraste de couleurs peut créer la suggestion d’un mouvement dans l’œil du spectateur d’une image fixe, que devient ce pouvoir dans une image en mouvement ? Une étude est alors menée à travers plusieurs films choisis pour leur travail particulier sur la couleur, visionnés comparativement en noir et blanc et dans leurs couleurs d’origine. Enfin, une dernière partie tente une identification de la «couleur cinématographique pure» qui ne puisse apparaître que par le processus de fabrication d’une image cinéma. Dans cette optique, la partie pratique de ce mémoire est dédiée à la fabrication d’un système de prises de vues faisant apparaître la couleur dans les traînées du mouvement de formes noires et blanches. La couleur en devient ainsi fonction de lumière comme de mouvement. Par ce pont que créé le cinéma entre art et science, les théories Newtoniennes et Goethéennes arrivent alors à cohabiter.
Abstract :
The subject of my research is the dynamic contribution of color to the film image. Color in the cinema is considered here as the meeting place of two color theories which have marked the arts and sciences of the XIXth and XXth centuries. Isaac Newton’s theory considers color as a constituent of white light and according to Johann Wolfgang Goethe, every color is associated with a sensation of movement. Both influenced the techniques of image production considerably, from the Impressionists’ painting to the Technicolor optical process. From a technological point of view, color cinema is based on the discovery of Newton but, by staging forms colored in movement, he also calls on the theories of Goethe. Indeed if a color contrast can create the suggestion of movement in the eye of the viewer of a picture, what becomes of this power in a moving picture? This study was based on several films chosen for their particular work on color, viewed for comparative purposes, in black and white and in their original colors. Finally, the last part attempts an identification of " pure cinematographic color " which can appear only through the manufacturing process of a cinematographic picture. From this point of view, the practical part of this research is dedicated to the manufacturing of a system creating color in the trails of the movement of black and white forms. The color so becomes function of light and movement. Through this bridge that cinema has created between art and science, the theories of Newton and Goethe manage to co-habit easily.