La lumière naturelle, source intarissable de nuances et d’effets variés, ne peut se séparer de son rapport au décor lorsque l’on tourne en extérieur. D’une certaine manière, le cinéma présente une analogie avec la peinture dans son utilisation symbolique du fond paysager. Il se place en effet en héritier d’une culture picturale qui a vu le paysage passer du statut de symbole au service d’un discours, à celui de sujet digne d’intérêt pour ses caractéristiques visuelles propres. Néanmoins, la différence dans le rapport au temps d’analyse entre le film et le tableau nécessite que le cinéma transmette cette valeur symbolique autrement. C’est ainsi qu’entre en jeu la lumière, puisque c’est elle qui fait basculer le paysage - décor dans ses propriétés signifiantes. L’étude des références picturales dont s’inspirent les films de Terrence Malick et l’utilisation que celui-ci fait de l’interaction entre la lumière et le décor, nous permettra de montrer à quel point ces deux éléments visuels, ainsi liés, participent au propos du film. Il sera alors question d’envisager les différentes méthodes du chef opérateur en fonction des situations de lumières variées que propose la nature. De la technique de prise de vue dépendra, non seulement, la question du réalisme de l’image, mais aussi la capacité de celle-ci à transmettre des émotions. L’opérateur fait alors face à des choix cruciaux dont dépendra la cohésion de l’image avec le discours du film. Si on exige, en effet, de l’aspect visuel d’un film d’être en adéquation avec une certaine vraisemblance du réel, on lui demandera surtout de ne pas perturber l’appréciation du récit. La question de la beauté de l’image entre alors de plein pied dans le débat, puisque, bien souvent, on reste méfiant, voire réticent face à la plastique parfaite. Toutefois, l’exemple de Malick vient encore prouver que l’on peut chercher à faire entrer la beauté de l’image en adéquation avec le propos sans pour autant paraître naïf ou manichéen. Reste alors au chef opérateur de savoir appliquer la stylisation juste qui permettra de sublimer le récit sans lui faire perdre de sa force.
Abstract :
Natural light is an endless source of subtleties and various effects, it can not be seperated from the scenery when we are dealing with outdoor shooting. In some way, cinema is analog to painting in its use of nature’s symbolism. It seams to inheritate the pictural culture that has made landscape become interesting because of its own visual values whereas it used to be only used for symbolism before the Renaissance. But painting and cinema do not have the same link to time, so the latter must find a way to transmit the same ideas with the lack of time : ligtht is the way, it allows the scenery to become meaningful. The study of the visual references that inspire Terrence Malick’s movies and the way he uses the interaction between light and scenery will allow us to affirm how much these two visual elements, stick together; take part in the meaning of a movie. That will be the opportunity to see the very different methods the director of the photography has to know in order to adapt his way of shooting to the several situations nature proposes. The realism issue and the ability of transmitting emotions will depend on his skills. The cohesion between image and story will depend on the really important choices the DP has to make. If one expects the look of a film to be close the reality, one will mostly expect it not to disturb the understanding of the story. The beauty of images is a real issue because most of the time one feels suspicious of plastiq perfection. Anyway, Malick’s example will prove once again that beauty and realism are not incompatible and that beauty does not always make the meaning sounds like naïve. It is now up to the DP to feel what is the degree of stylisation that will make the meaning come out without destroying it’s strength.