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L’authenticité de l’autobiographie photographique, entre vrai et faux.

Auteur : Gabriel Coutagne - Directrice de mémoire : Claire Bras

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Résumé :

Le premier moment de notre réflexion tend à montrer comment a pu naître l'idée d'utiliser un support iconique pour poser le récit d'une vie. Cette partie ne se voudra pas historique à proprement parler. Mais, comme l'émergence de l'idée d'autobiographique est progressive, cette partie s'appuiera sur cette progression, en vue de montrer comment photographes, artistes et critiques ont fait se rencontrer le récit rétrospectif d'une vie et la photographie. Nous le verrons, cette idée n’a pas pu apparaître sans que soit mise en évidence une des caractéristiques de la photographie que Roland Barthes a appelée le "ça-a-été", devenu en l’occurrence « j’y étais ». Cela voudrait-il dire que l'autobiographie photographique est authentique, qu’elle rend véritablement compte de la vie de l’auteur ? Pour répondre à cette question, le second moment de notre réflexion sera consacré à l’examen plus théorique de la démarche autobiographique du point de vue de l’auteur, et de sa réception, du point de vue de son destinataire (le spectateur ou lecteur). La mémoire, le passé, le récit et le réel seront des référents prépondérants à l’image photographique. Mais du point de vue du spectateur, cette autobiographie, faisant référence à une mémoire et à un réel exogène, devra sans doute faire référence à l’imaginaire. La relation entre autobiographie photographique et vérité se trouvera distendue, et l’authenticité de cette démarche, remise en question. Dans sa relation au réel, l’autobiographie photographique semble seulement vraisemblable. Le troisième moment de notre réflexion nous permettra alors de montrer que l’authenticité de l’autobiographie photographique n’est pas, en fait, soumise au concept de Vérité. En effet, il est envisageable de voir se rencontrer en son sein des composants fictionnels et documentaires complémentaires. En outre, les oeuvres autobiographiques peuvent être techniquement “truquées”, sans que le discours autobiographique puisse être remis en cause. Car en réalité, l’autobiographie photographique peut comporter des aspects symboliques. Cela implique de mettre en jeu la question de l’identité de l’auteur, mais aussi celle de son spectateur, devenant le juge subjectif de l’autobiographie et de la photographie.

Abstract :

The first part of this paper demonstrates how the idea of using pictures to build an autobiography is born. This part will not be, strictly speaking, chronological, even if the rise of autobiographical photography is progressive. This progression will be examined in order to show how photographers, artists and art critics  have combined autobiography and photography. Roland Barthes' concept of "it has been" (or even - “i have been there”) explained in Camera Lucida, will be useful to understand this progression. The question is: are photographic autobiographies authentic? In order to answer this question, the second part, will examine the autobiographical experiment from a theoretical point of view, especially through the author and spectator’s eyes. Memory, the past, narration, and reality will be the main origins of photographic autobiographies. But through the spectator's eyes, these autobiographies, referring to individual memory and reality, will also be understood through imagination. Photographic autobiographies and reality will become more and more distant, and their authenticity will be called into question. Even if the reality issue in photography will be called into question, photographic autobiographies remain likely believable. The last part will demonstrate that the authenticity of photographic autobiographies is not dominated by the concept of Truth. Indeed, it is possible to discover within, both fictional and documentary elements, that are complementary. Moreover, those works can be manipulated, although the autobiographical stories will not be questioned. In fact, photographic autobiographies contain symbolic aspects. Thus we will have to examinate the author’s identity issue, but also the spectator’s, who becomes the subjective judge of both photographic and autobiographical authenticity.