Auteur : David Chambille - Directeurs de mémoire : Jean-Fis. Gondre et Jean-Noël Ferragut
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Résumé :
C’est en partant d’une affection naturelle pour les sources de lumière courantes (éclairage public, éclairage domestique, signalisation, feu…) que j’ai décidé de m’intéresser à leur utilisation photographique. Tous ces éclairages quotidiens possèdent leurs propres caractéristiques très marquées, et je me suis demandé quel pouvait être l’intérêt de les utiliser de façon privilégiée dans la construction lumineuse des films. J’ai alors traversé l’histoire du cinéma – d’une façon personnelle et sélective – pour retrouver dans les films qui m’avaient plu cette utilisation particulière de la lumière. En partant du cinéma muet qui présente déjà quelques exemples remarquables, en suivant l'évolution des techniques et des mentalités à travers le classicisme hollywoodien ou la Nouvelle Vague, jusqu'à une période plus contemporaine, on peut comprendre progressivement l'importance que représente ce travail sur les sources de lumière du décor. Dans les plus beaux exemples, l'éclairage s'appuie ainsi sur des origines concrètes de lumière et mélange l'univers du projet avec les moyens de sa représentation : éclairer une scène avec ce qu'elle propose elle-même de lumière. J’ai pu alors définir, à partir de ces exemples, l’intérêt esthétique que représentait pour moi une conception de la lumière basée sur les sources présentes dans le décor : des liens très forts se tissent avec la mise en scène, l’interaction avec les personnages devient possible, des allumages et des extinctions viennent enrichir l’action, les couleurs très particulières de certains éclairages urbains viennent appuyer une ambiance, les plages de lumière autant que les zones d'ombre sont légitimées par les sources dans le champ… Une lumière qui naît directement de l’univers du film, de son décor et de ses accessoires, est une lumière sans a priori qui évite les conventions esthétiques arbitraires et qui devient plausible et indiscutable. Si elles permettent d'enrichir l'ambiance d'un film et d'accompagner son propos, les sources de lumières courantes n'en sont pas moins difficiles à utiliser et à interpréter photographiquement. Une étude technique des différentes émissions de lumière m'a permis de mieux appréhender les caractéristiques spécifiques de ces sources de lumières courantes ; que l'on parvient alors à détourner de leur utilisation quotidienne. L'histoire du cinéma regorge d'astuces et de manipulations ingénieuses inventées pour recréer l'effet tant recherché de ces lumières qui entrent dans le champ. Ma partie pratique s'attache ainsi à n'utiliser pour éclairage que les lumières de la ville dans leur réalité brute, à contourner leur "défauts" de restitution photographique pour mieux en saisir les particularités esthétiques. En m’éloignant un temps des éclairages de cinéma plus normaux ou conventionnels (studio et construction de lumière par projecteurs), j’ai l’impression de m’être approché de nouveaux outils indispensables aujourd’hui. Des outils à n’utiliser qu’avec goûts et parcimonie, mais qui seront autant de points de départ à mon travail de lumière.
Abstract:
My natural affection for common light sources like public lighting, home lighting or road signposting has lead me to question their photographic utilisation. These day-to-day lightings have their own specific characteristics, and I wondered what could be gained by putting them at the centre of the light construction of a film. I then went through the cinema history – in a very personal and selective way – in order to list the films I liked in which light was considered this way. The beginnings of cinema in which some examples are quite remarkable, Hollywood’s golden age, the French " Nouvelle Vague " and more contemporary pictures show, following the evolution of techniques and mentalities, the increasing importance of light sources included in the set. In the most beautiful examples the lighting construction strongly integrates the sources on set, gradually eroding the frontiers of two universes. The film as a project and the film as representation start to interpenetrate : the scene lightens up itself. I have thus been able to define the aesthetical interests I find in sources of light integrated in the set : very strong bounds are tied with the film direction, interactions with the characters become possible, the turning on and off of lights enrich the action, the very recognisable colours of urban lighting back up an atmosphere and sources in the frame legitimize light or shadow areas… When light comes from the film’s universe it becomes a light without a priori, stepping aside from arbitrary conventions and therefore becoming plausible and unquestionable. The gain, for the film, in atmosphere and meaning common light sources permit, comes at the price of great difficulty in their photographic utilisation. A technical study of them has helped me to apprehend their distinctive characteristics, in order to divert them from their usual use. Cinema history is full of tricks and ingenuous manipulations that permit to recreate the desired effect of sources in the frame. In the practical part of my work I have used the bare city lights, and focused on their photographic defaults in order to explore and demonstrate their aesthetical particularities. Stepping aside for a while from conventional ways of lighting, I have the feeling I have approached new tools that will become increasingly important. Tools that require taste and parsimony, but that will eventually become the foundations of my lighting work.
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