Auteure : Camille Durin - Directeurs de mémoire : J.L. Fournier - P. Lhomme (AFC)
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Résumé :
Le chien et loup désigne la courte période entre le coucher du Soleil (juste après être passé sous l’horizon) et la nuit noire. Ce passage du jour à la nuit est un moment de transition physiologique, qui influe sur notre manière de percevoir notre environnement. En effet, ce croisement entraîne un changement visuel lié à la nature des cellules photoréceptrices de l’oeil activées : les couleurs et les détails disparaissent. L’éclat du jour laisse place à une pénombre de plus en plus dense. La dynamique de la lumière se réduit et le contraste s’adoucit. La nature même de la lumière change, passant de directe à réfléchie, ce qui provoque un refroidissement visuel. L’étude de peintures figurant effets jour, nuit et chien et loup nous permettra de mieux visualiser cette évolution. Ainsi, cet aperçu nous donnera, par la suite, les moyens de pouvoir interpréter la lumière crépusculaire en termes d’image cinématographique (éclairement, teintes, saturation, piqué, contraste, température de couleur…). Il sera alors possible de la restituer et/ou d’avoir l’éventualité de l’incarner différemment, grâce aux divers outils mis à la disposition de l’image d’un film (choix d‘exposition et étalonnage). Cette exploration des moyens techniques ne devra pas, cependant, nous éloigner du but que l’on cherche à atteindre : utiliser la lumière entre chien et loup dans la continuité, comme effet graduel d’une séquence, pour intensifier la mise en scène. En effet, paradoxalement, cet obscurcissement progressif peut révéler tout en plongeant dans l‘obscurité. Ce resserrement progressif sur les visages est une particularité que seul le cinéma peut véritablement faire exister, étant le seul art visuel jouant avec le temps. Deux films me semblent mettre à profit cette réelle collaboration entre lumière et action : Cyrano de Bergerac et Tess. En effet, dans ces deux films, la lumière est le complément parfait de la mise en scène - ce qui en a fait, d’ailleurs, des films de renommée. Ces derniers sont aussi les exemples d’une mise en pratique de concepts visuels réussie. C’est une chose à prendre en compte car la préparation, l’organisation et l’orchestration d’un tournage entre chien et loup demande une grande rigueur, une connaissance approfondie, et surtout de l’expérience.
Abstract:
Twilight appoints the short period between the sunset (just after being crossed under the horizon) and dark night. This passage from day to night is a moment of physiological transition which influences our way of perceiving our environment. Indeed, this crossing entails a visual change connected to the nature of the activated photoreceiving cells of the eye: colors and details disappear. The day brightness gives way to a more and more dark twilight. The dynamic of the light comes down and the contrast softens. The nature of the light changes, going from direct to reflected, what provokes a visual drop in temperature of light. The study of paintings representing effects in the daytime, night and twilight will allow us to show better this evolution. This general idea will give us, afterward, the means to be able to interpret the crepuscular light in terms of movie picture (illumination, shades, saturation, details, contrast, temperature of color…). Then it will be possible to re-create it and\or to have the eventuality to play it differently, thanks to the various tools given to the movie picture (choice of exposure and colour grading). However, this exploration of technical means will not have to take away us from the purpose for which we try to reach: using the light of twilight in the continuity, as gradual effect of a sequence, to intensify the action. Indeed, paradoxically, this progressive darkening can reveal while plunging in darkness. This progressive close up on faces is a peculiarity that only cinema can really make exist, being the only visual art playing in time. Two films seem to me to turn to good account this real collaboration between light and action: Cyrano de Bergerac and Tess. Indeed, in these two films, the light is the perfect complement of the action - what made it, moreover, films of fame. These last ones are also the examples of a successful application of visual concepts. It is a thing to be taken into account because preparation, organization and orchestration of a shooting at twilight requests for great rigour, for thorough knowledge and especially for experience.
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