Recherche

Féminin-Masculin: Photographier la différence. Etude des pratiques photographiques liées à la différence sexuelle

Auteur : Arnaud Delrue - Directrice de mémoire : Claire Bras

Téléchargement du mémoire : partie A

Téléchargement du mémoire : partie B

Téléchargement du mémoire : partie C

Téléchargement du mémoire : partie D

Résumé :

Cette recherche a été initiée par une pratique personnelle de la photographie dans laquelle sont explorées les frontières entre le masculin et le féminin. La photographie est apparue comme un outil puissant pour questionner, distordre, analyser les enjeux, ou proposer d’autres formulations de la différence des sexes et ainsi dialoguer avec les différents champs de réflexion des sciences humaines. Car penser cette différence interroge les relations entre nature et culture, corps et esprit, ou encore entre le particulier et l’universel. Ainsi, il s’agit d’un parcours des différents lieux d’interrogation de la différence des sexes dans lequel est mis en perspective la manière dont la photographie et les sciences humaines peuvent se traverser et s’enrichir mutuellement. Tout d’abord, une approche sociologique de la photographie permet de mettre en exergue grâce à la notion de genre, les normes dans lesquelles sont intriqués le masculin et le féminin. La parodie, l’ironie et le simulacre servent alors à développer un discours politique (notamment envers les minorités sexuelles) mais également à déceler les conséquences d’une utilisation massive de ce médium par les médias sur la construction de l’identité sexuelle. Les limites d’un tel modèle qui sert finalement de «cache-sexe» en assimilant cette identité à une catégorie sociale, nous permettent d’envisager avec la psychanalyse une autre manière de subjectiver le sexe. Les mêmes outils sont alors utilisés pour mettre à mal les archaïsmes d’une pensée qui cloisonne le féminin et le masculin à l’intérieur d’un «ordre sexuel» verrouillé par la théorie du phallus de Freud et son dérivé lacanien : le complexe d’OEdipe. La photographie permet néanmoins de s’en dégager par une tentative de représentation de la différence des sexes opérée par le truchement de l’informe qui formalise les fantasmes et des pulsions impliqués dans cette différenciation. Une approche historique permet ensuite de relativiser toute conception de la différence sexuelle en révélant le caractère forcément subjectif de toute tentative d’appréhension. Ce qui permet de proposer une autre subjectivité qui est celle du post-humain dans laquelle la photographie, par la simulation et la métaphore, devient une véritable force de proposition éthique, sociale, et philosophique. La photographie est ainsi prise dans les paradoxes d’une pensée qui produit la différence des sexes et qui est en même temps produite par cette différence. Elle agit comme le vecteur entre une individualité faite de fantasmes et de pulsions protéiformes, et un imaginaire social, culturel et symbolique, sans cesse à reformuler.

Abstract:

 This research reflects my personal technique, as a photographer, of exploring the boundaries between masculine and feminine. Photography is a powerful tool with which one can question, distort, and analyze what is at stake because of such boundaries; the photographer can offer distinct ways of expressing sexual difference through this medium, all the while creating an intellectual dialogue throughout the liberal arts and social sciences. Thinking about this difference entails a questioning of several relationships: between nature and culture, the body and the mind, or the individual and the universal. Thus, my research is a review of the questions that can arise during an attempt to analyze the differences between the sexes. In this study, the manner in which photography and the social sciences can coincide and mutually enrich one another is put into perspective. First of all, by using a sociological approach to photography, thanks to the concept of gender, one can underline the norms within which the masculine and the feminine are interwined. Parody, irony, and simulacra are thus used to develop a political discourse (most notably about sexual minorities), but also to identify the consequences of the widespread use of imagery by the media on the construction of sexual identity. The limits of such a model, which serves more or less as "sexual mask" by blurring sexual identity with social class, will allow us to consider another way of thinking about sex with psychonalysis. The same tools will then be used to denounce archaic notions which only serve to partition the feminine and the masculine within a "sexual order", an order which is under Freud's lock and key by the way of his theory of the fallus and its lacanian descendent: The Oedipus Complex. Then, an historical approach allows to relativize any thought of the sexual difference by revealing the inevitably subjective character of any attempt of apprehension. Thus it is possible to propose another subjectivity with post-humanity where photography, using simulation and metaphor, becomes a true force of ethical, social and philosophical proposal. Photography is thus taken in paradoxes of a thought which produces the difference between sexes and which is produced at the same time by this difference. It acts like the vector between an individuality made with phantasms and protean impulses, and a social, cultural and symbolic imaginary, unceasingly to reformulate.