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Les limites de la perspective centrale à travers quelques oeuvres photographiques

Auteur : Bogdan Sarbu - Directrice de mémoire : Claire Bras

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Résumé :

La perspective centrale occupe une place privilégiée dans la culture occidentale depuis la Renaissance. Les discours sur la photographie en font référence comme principe unique ou privilégié de représentation. Mais au XXe siècle, divers développements dans les domaines des sciences et des arts, appellent à une reconsidération théorique de la primauté de la perspective centrale en photographie.  Historiquement, la photographie apparaît comme une pratique qui s’apparente à la peinture, mais qui la dépasse grâce à la précision scientifique de la représentation garantie par l’appareil. L’analyse d’une métaphore de Walter Benjamin permet de déceler que les mécanismes de représentation des deux pratiques sont essentiellement différents. Mais les conceptions théoriques de la photographie persistent à l’inscrire dans le paradigme de la perspective centrale. C’est du côté de la pratique artistique que viennent, au XXe siècle, les premières initiatives de questionnement du bon-sens qui place la perspective centrale au fondement de la photographie. De son côté, le progrès de la science permet l’application de nouveaux modèles de rendu perspectif. Ces éléments constituent autant de paradoxes qui viennent bouleverser le préjugé de l’unicité de la perspective centrale. Si la perspective centrale a pu acquérir une position favorisée dans la culture occidentale, c’est à cause de son apparente similarité avec les mécanismes de la vision humaine. Mais ce type de perspective ne représente qu’une option de représentation parmi d’autres. Sa relativisation ouvre la voie à un changement d’attitude du photographe envers  son appareil et à une reconsidération du regard humain en général.

Abstract:

Renaissance perspective representation gravitates at the center point of the western culture. Since the beginning of photography, most of its theorists consider lens generated perspective as the unique or most important principle of representation. Nonetheless, in the 20th century, new developments in science and arts come forth and require the re-questioning of its status. From an historical point of view, photography appears to be related to perspective painting. However, due to the scientifically-constructed perspective representation which is assured by the camera, photography represents an evolution in comparison with the classical method of drawing. But the representation mechanisms of these two fields are completely different, as suggested by Walter Benjamin. Nevertheless, the philosophical theories regarding photography condone with the prejudice that central perspective is inescapable. In the 20th century, a series of artworks involving photography come to criticize the role and the uniqueness of Alberti’s perspective in photography. Developments in mathematics and optics contribute also to undermining perspectivist common sense through the validation of several other perspective models. These challenges to the common sense present themselves as paradoxes, which lead the way to the opening of a new paradigm. Classical perspective representation gained such an important position in western culture because of its apparent resemblance with de human mechanism of vision. However, despite this familiarity, classical perspective becomes only one way of representation among many. This situation calls for the reexamination of the photographer’s attitude towards her/his camera and, in a more general manner, it calls for the reconsideration of human vision under the influence of the camera’s way of seeing.