Auteur : François Bonnet - directeurs de mémoire : Gérard Pelé (Dir mémoire), François Donato (Dir externe)
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Résumé :
Il existe un caractère fétiche du son : voilà la proposition que cette étude cherche à vérifier. Il est alors indispensable de s’interroger sur les notions de fétiche et de caractère fétiche, de bien les définir et les circonscrire afin d’obtenir une définition composite (empruntant à l’anthropologie, à l’économie, à la psychanalyse...) pertinente et adaptée. Un tel caractère fétiche se loge en fait dans différentes notions, qui semblent faire autorité chez les facteurs de son, comme par exemple la fidélité (d’une scène sonore) ou la transparence (d’un dispositif). C’est sous l’impulsion du caractère fétiche que l’événement sonore se disloque, au profit d’un son démembré, idéalisé, devenant prétexte et support à un régime de légitimation et d’autorité portant lui-même tout un ensemble de fétiches. On note également l’aspect fétiche de notions comme celle d’écoute naturelle et de réalisme sonore. Intégrant à l’étude les questions relatives à la représentation, à la restitution et à l’interprétation, on peut alors dire que la volonté réaliste, présente partout, franchit une étape dans les pratiques du son, en ce qu’elle passe d’une volonté de représentation réaliste, à un fantasme de restitution du réel. Une des composantes du caractère fétiche se trouve là, dans ce paradoxe de croire en la possibilité d’une pratique purement restitutive, de vouloir en être part active ( d’être ainsi, l’auteur de cette restitution) tout en étant transparent (donc impersonnel). C’est ainsi que se révèle le caractère fétiche du son : source des dogmes et des fantasmes, pieuvre au mille ramifications entravant toute tentative de pratiques alternatives ou presque, la seule voie de dégagement semblant être celle de l’expérimentation et de l’adaptation au contenu sonore, affirmant le caractère authentique de l’événement sonore : son ici et maintenant. Le caractère fétiche, seulement partiellement démasqué, montre alors dans sa fuite ce qui semble être le dernier fétiche : le praticien du son lui même, et son oreille en particulier.
Abstract:
The fetish-character of sound exists : here is the proposition that this study tries to check. Then, we have to wonder about the notions of fetish and fetish-character. We have to well define these notions in order to obtain a composite and relevant definition (taking from economy, anthropology, psychoanalysis...). In fact, such a fetish-character is situated in differents notions which seems to be authoritative for “sound-makers”. For example, we can mention the faithfulness of sound or the transparency of a sound system. The fetish-character makes the sound breaking itself and becoming a dismembered, idealized sound, pretext for fetishes and for a scheme of authority and legitimization. Notions like “natural listening” or “sound realism” are fetishes too. After studying the matters of representation, reproduction and interpretation, we can say that, in the domain of sound, the wish of depicting the real become the fantasy of re-creating the real. One of the fetish-character’s components is situated in this paradox : in the fantasy of being the author of a transparent sound’s reproduction. The fetishist wants to be the author of the sound reproduction, but wants to be transparent too. The fetish-character is the source of fantasies and dogmas, like an octopus with a thousand branchings, hindering all alternatives. Therefore, one way seems to be possible. The way of experimenation and adaptation, asserting one thing : the authenticity of the sound event. The fetish-character, partially unmasked, show us during its escape what it seems to be the last fetish : the “sound maker” himself and especially his ear.
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