Auteur : Louis Martin - Directeurs de mémoire : Thierry Coduys, Jean Rouchouse (Dir mémoire)
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Résumé :
Deux questions sont à la base de ce travail. La première, c’est : « d’où vient le son ? », c’est-à-dire : « quelle source va-t-on traiter dans une installation sonore ? » est-ce que c’est une bande ? un fichier informatique ? est-ce qu’un processus temps réel est mis en oeuvre ? si oui de quelle manière ? etc… Ce qui pose dans un deuxième temps la question suivante : « comment on reproduit le son ? », c’est-à-dire comment faire pour le projeter dans un espace ? de quelles manières mettre le spectateur à l’intérieur du dispositif sonore? Cette problématique de la source embrasse à la fois des considérations esthétiques, propres à chaque création, et des considérations d’ordre technique. Et notre propos est justement d’englober les deux : décrire le cheminement artistique à travers cette multitude de sources possibles, mais également décrire les moyens mis en oeuvre par rapport à ce qui est techniquement réalisable. Le concept de temps réel, en particulier, a renouvelé considérablement le champ des sources possibles. Il a établi une discrimination entre les sources liées à un support, et celle qui sont générées au fil de l’oeuvre, cad en temps réel. Une source enregistréesur un support induit une certaine fixité, ainsi qu’un temps d’exécution déterminé. Une source temps réel, par contre - qu’elle fasse appel de la synthèse, à un dispositif microphonique, ou encore bien autre chose - renvoie en quelques sorte à une infinité de possibilités sonores : ce n’est jamais la même chose. La problématique de la source aussi fait référence à la notion de matière (ici la matière sonore), à partir de laquelle on créé. Avec le temps réel, la source devient en quelque sorte plus fugitive. Elle est moins saisissable. La matière sonore, symbolisée par le support, se dilue. C’est une matière éthérée, en partie dématérialisé… La partie pratique constitue une installation sonore, expérimentant le larsen comme interface d’interaction. Par là, je souhaite pousser à l’extrême cette problématique de la source. Proposer une installation utilisant le larsen pur, c’est justement faire disparaître cette source : on est dans le « No-Input », c’est-à-dire « pas de source ». Le larsen est en général combattu, par les sonorisateurs par exemple, qui cherchent à le faire disparaître. A l’inverse, certains mouvements artistiques l’ont mis à profit dans leur création sonore, mais ce toujours de manière empirique, à cause du caractère très aléatoire du phénomène. Ici, mon approche se situe toujours dans une démarche de création sonore, mais je souhaite dépasser l’approche empirique adoptée en général par les artistes. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est comprendre comment gérer ce phénomène. D’autre part, cette utilisation du larsen prolonge l’idée d’une dématérialisation de la source, ainsi que la problématique de l’espace sonore, évoquées plus haut.
Abstract:
Two questions form the foundation of my work. The first is: “Where does sound come from?” Or, in other words, “Which source are we dealing with in a sound installation?” Is it a physical soundtrack? A sound file? Is a real-time procedure used? If yes, how? Etc. This first question leads directly to the second: “How is sound reproduced?” Which is to say, “how will sound be projected into space?” In what ways will the spectator be integrated into the sound device? This problematics of the source holds together concerns that are both aesthetic concerns, related to each individual installation, and technical. Our question is thus twofold: to describe the artistic process through the multiplicity of possible sources, and concurrently to describe the physical ressources that are put into practice in view of what is technically possible. The concept of real time in particular has considerably advances the field of possible sources. It has established a distinction between sources tied to a support, and those which are generated in along with the work, i.e. in real time. A source recorded on a support causes a certain fixity, as well as a determined time of execution. A real time source, however – whether part of a synthesis, of a microphone, or other – generate an infinite acoustic possibility: each execution is unique. (/ no two executions are alike) The problematics of the source also refers to the media (here, acoustic media) from which one creates. With real time, the source becomes more transient, in a sense. It is less definite. The acoustic medium, symbolized by the support, is weakened. It becomes an ethereal medium, partially dematerialized. The practical part of my thesis consists of a sound installation, using the Larsen effect as an interactive interface. In doing so, I push this problematics of the source to the extreme. To propose an installation using the pure Larsen is to do away with the source : “No-Input” , “No source”. The Larsen effect is usually resisted, by live sound engineer, for example, who work against this effect. Conversely, several artistic movements have made use of the Larsen effect in their acoustic works, but always in a purely practical sense, due to the aleatoric quality of this phenomenon. Here, my approach is situated within acoustic creation, but I wish to go beyond the existential approach typically adopted by artists. Above all, what interests me is how to control this phenomenon. Furthermore, this use of the Larsen effect expands the idea of a dematerialization of the source, and also conveys a problematics of acoustic space.
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