Rencontres d’Arles 2009 : projection de 130 portraits réalisés par les étudiants de l'Ecole nationale supérieure Louis-Lumière au sein de l'exposition "On n'a pas tous les jours vingt ans". VOIR LE DIAPORAMA COMPLETLieu d’exposition : atelier de Maintenance, Parc des Ateliers dans le cadre de la 40ème édition des Rencontres d'Arles, du 7 juillet au 13 septembre 2009 : "40 ans de Rencontres, 40 ans de Ruptures" : du 7 juillet au 13 septembre. Commissaires associés de l'exposition « On n'a pas tous les jours vingt ans » : Christian Caujolle, Jean-Jacques Naudet, Catherine Philippot, Françoise Riss. Photographes exposés (promotions 1999 – 2010) : Clément Apffel, Julie Balagué, Judith Bormand, Clement Briend, Pierre-Yves Bronsart, Christophe Caudroy, Audrey Cerdan, Lionel Charrier, Alban Chassagne, Gabriel Coutagne, Camille Evin, Nicolas Friess, William Gaye, Elsa Guillet, Magali Lahely, Antoine Levy, Emilien Lévy, Anne Leroy, Ivan Mathie, Florent Michel, Geraldine Millo, Loic Molon, Olivier Monge, Enguerran Ouvray, Benjamin Petit, Julie Pradier, Sophie Scher, Frédéric Stucin, Jeanne Vaillant, Emilie Viallet, Cyrille Weiner.
Depuis 1999, la section Photographie de l’ENS Louis-Lumière initie un projet intitulé « Du sel au pixel » Un groupe d’étudiants, encadré par une équipe d’enseignants, produit un journal lors d’une manifestation culturelle dédiée à la photographie. Les premières éditions du Sel au Pixel ont été réalisées à Arles durant les Rencontres Internationales de la Photographie. L’édition quotidienne de la « gazette » du Sel au Pixel restitue l’actualité du festival et comporte plusieurs pages de portraits réalisés selon un mode d’emploi défini à l’origine du projet : le « portraituré » (photographe, conservateur, éditeur, collectionneur …) choisit l’heure et le lieu de la prise de vue et peut intervenir à tous les stades de l’élaboration du portrait (angle de prise de vue, lumière, cadre …). Le degré d’implication du modèle dans cette approche participative laisse une marge de manœuvre assez large entre photographe et photographié (e). L’exercice peut durer quelques minutes ou s’étaler sur plusieurs heures lorsque le sujet s’approprie totalement le dispositif en instaurant un échange avec les étudiants, dans l’esprit du festival qui privilégie la rencontre et l’échange. Pour les auteurs de ces portraits, le même rituel, la même quête jubilatoire, le même parfum de découverte s’installent à chaque prise de vue, avec le stress inévitable des premières minutes lorsque le visage d’un acteur consacré de la scène photographique – commentant parfois à chaud les choix du portraitiste - s’inscrit à l’envers sur le verre dépoli de la chambre de prise de vue. Les officiants s’effleurent du regard, palabrent pour négocier les modalités de l’exercice, s’amusent de l’attroupement suscité, commentent les résultats instantanés obtenus sur l’épreuve positive du Polaroid. La lumière provençale, souvent abondante à cette époque de l’année, mais néanmoins capricieuse, s’immisce dans ces débats improvisés en ajoutant une touche supplémentaire à la complexité de la séance. Le portrait se construit, dans un cheminement sans concessions avec l’univers du modèle. Au fil des années, les étudiants ont réalisé l’une des plus importantes collections de portraits de leurs aînés. Loin des clichés arlésiens, Luc Delahaye toujours en partance s’inscrit dans le décor chaotique des ateliers de la SNCF, Martin Parr prend la pose devant une enseigne célèbre de la restauration rapide qui décline une version monochrome des scènes de rue qu’il affectionne, Pierre Cordier incruste son visage sur le plafond de la mairie d’Arles qui n’est pas sans rappeler les représentations abstraites de ses chimigrammes. L’exercice séculaire du portrait se perpétue pour aller à l’essentiel en figeant la fulgurance d’un regard. Au fil des années, une collection originale se constitue, des styles s’esquissent chez des photographes en devenir, un lien ténu s’installe entre plusieurs générations d’étudiants, qui parfois ne se connaîtront jamais mais qui conserveront, au-delà des images, les souvenirs associés à ces moments rares d’émotion et de partage. Quelques ainés, photographes de renom, ont disparu. D’anciens étudiants de Lumière, à l’origine des portraits présentés ont fondé des agences (Myop), participé à la création de collectifs en grand nombre (Argos, Dolce Vita, Exmundo, Tangophoto…) créé des revues (Voxpop) où le portrait tient sa place. Un relai est passé, la lumière arlésienne est toujours aussi féconde. Françoise Denoyelle, Jean-Paul Gandolfo, Franck Maindon, Alain Sarlat
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