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Gus Van Sant, un Monde Adolescent. Des visages en lumière

Auteur : Alexis Robin - Directeurs de mémoire : Hélène Louvart et Arthur Cloquet

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Résumé :

Ce mémoire propose d’analyser d’un point de vue lumineux la Tétralogie de l’adolescence (Gerry, Elephant, Last Days et Paranoid Park) tournée par Gus Van Sant entre 2002 et 2007. L’adolescence, décrite pas le psychologue Erik H. Erikson, est une phase de transformations dominée par une quête de repères et d’identité. Gus Van Sant, accompagné de deux chefs opérateurs chercheurs, Harris Savides et Christopher Doyle, construit tout au long de la Tétralogie un dispositif filmique sensible et subjectif qui va permettre une mise en images des mutations que subissent les personnages. On assiste alors à une lente translation des axes de lumière qui éclairent les visages. On passe d’un éclairage large à la face, lié à une esthétique de l’Ange issue de la Renaissance Italienne et du maniérisme, à des axes plus latéraux, voire en contre-jour, inspirés d’une imagerie plus sombre. Les peintres Hollandais du XVIIe siècle et Le Caravage nous servirons alors de référents. Les personnages de la Tétralogie sont systématiquement confrontés à la mort. Gus Van Sant, comme Erikson, semble considérer que le passage à l’âge adulte est accompagné d’une prise de conscience du seul et unique cycle de vie dont nous disposons. Finalement, grandir, c’est devenir pragmatique et se résigner à vivre coupable. Une esthétique de clairsobscurs prend alors possession de la fin des films de la Tétralogie. Une partie pratique est jointe au mémoire. Il s’agit d’un court-métrage intitulé Regarde où tu marches, fiction de 7 minutes, tourné en 35mm en studio. Il narre l’histoire de Florent, qui, comme Alex dans Paranoid Park, rencontre les notions de mort et de culpabilité. La logique lumineuse de ce film est basée sur le glissement des axes de lumière sur les visages. Il semble accompagner les personnages adolescents vers la vie adulte.

Abstract :

This thesis puts forward, from a lighting point of view, the adolescence Tetralogy (Gerry, Elephant, Last Days and Paranoid Park) filmed by Gus Van Sant between 2002 and 2007. According to Erik H.Erikson, adolescence is a period of transformations, ruled by a search of bearings and identity. Gus Van Sant, with two researcher directors of photography, Harris Savides and Christopher Doyle, builds in the Tetralogy a sensitive and subjective film structure, which will allow to pur in images the characters’ transformations. So, we are spectators of a slow translation of light axis on characters’ faces. A large and frontal lighting, linked to an Angel esthetic, coming from Italian Renaissance and mannerism, turns into a side and even a backlight one, inspired by a darker imagery. XVIIth century Dutch painters and Carravagio will be used as references. Tetralogy’s characters always face death. Gus Van Sant, as Erikson, seems to consider that entering into adulthood means becoming aware of the only life circle we have. So we can say that growing up is becoming pragmatic and resigning ourselves to a guilty life. To express this feeling, the end of the Tetralogy’s films are shot in a chiarooscuro esthetic. A practical part is attached to the thesis. It is a short fiction film named Regarde où tu marches (Look at where you are walking), which lasts 7 minutes and is shot in 35mm in a studio. It deals with Florent’s story, who, like Alex in Paranoid Park, meets with notions of death and guilt. The lighting of the film is based on the sliping of the axis of light on faces. It leads the characters from the teenage life to the adult life.