Auteure : Alice Daumas - Directeurs de mémoire : Benoît Turquety et Vincent Amiel
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Résumé :
Le point de départ de ce mémoire est une constatation : une résurgence de l’effet split screen, en français écran divisé ou partagé, auquel je suis, en tant que spectatrice, particulièrement sensible. Aussi je suis amusée de repérer son usage fréquent à la télévision et dans certaines séquences de film. On peut même repérer sa récurrence formelle partout : les dispositifs de télésurveillance, les « mosaïques » des chaînes disponibles sur le câble, les multiples fenêtres d’Internet. Amusée oui, mais quelque peu agacée aussi, de constater la « visibilité » à outrance de ce procédé. Ne serait-on pas en train d’oublier les enjeux profondément cinématographiques du split screen ? Ce sont ces enjeux, dans le domaine du cinéma de fiction, que je me suis proposée d’étudier tout au long de ce mémoire. Une première étape de notre étude se veut être un panorama des usages du split screen, de sa naissance en même temps que le cinéma lui-même, jusque dans les années 2000. Evoluant en même temps que les techniques de montage, il est une alternative à celui-ci, répartissant dans l’espace les plans traditionnellement successifs dans le temps : il est donc très pratique pour exprimer la simultanéité d’actions, et une situation en particulier, assez courante au cinéma : la conversation téléphonique. Polyptyque, mosaïque, vitrail, et plus récemment bande dessinée et écran d’ordinateur : le split screen est aussi un puits de références plastiques. D’ailleurs de nombreux artistes, pas forcément au sein du cinéma narratif, ont exploité et exploitent ses possibilités esthétiques. Enfin, l’attitude du metteur en scène Brian De Palma par rapport à l’effet split screen, mérite que nous nous y arrêtions : il compose avec lui une réflexion à laquelle il invite le spectateur sur le rôle et le pouvoir des images. Nous nous attardons ensuite sur la radicalisation de ce procédé tentée récemment par quatre metteurs en scène. Time Code, Conversation(s) With Other Women, The Tracey Fragments, La Soledad, sont des films appartenant à des genres complètement différents. Quelle a été leur démarche par rapport au split screen ? Qu’apporte-t-il à leur film ? Comment cette radicalisation s’opère tout au long du film ? Et finalement, qu’est-ce qui différencie la vision d’une image de celle de plusieurs images sur l’écran ? Quelle est la valeur de la coupure de l’écran pour le spectateur ?
Abstract :
This study is based upon the statement I made that we witness nowadays a revival of the split screen effect, to which I feel sensitive as a movie viewer. That is why I find very amusing to see how frequently this device is used on TV and some movies too. Besides, you can see it everywhere if you pay attention : in electronic surveillance systems, in the patchwork that various channels form together on the TV screen, in the numerous Internet windows we open on the computer. I feel amused, but also a bit annoyed, when I notice this devise is used so frequently. Are we not forgetting the deeply cinematographic stakes of the split screen ? It is precisely these stakes, in the fiction movies, that I propose to analyse all along this study. The first part of this work draws up a panorama of the uses of the split screen, from its birth at the same time as cinema itself, to the first years of the XXIst century. Evolving with the editing techniques, the split screen offers an alternative to them because of its ability to share in a same space different shots that traditionaly follow each other. It is very handy to express the overlapping of actions, and particularly, a situation quite common in cinema : the phone conversation. Polyptych, mosaic, stained glass window, and more recently comics and computer screen : the split screen is also a fount of plastic art references. Moreover, numerous artists use its aesthetic potential and not only in narrative movies. Secondly, we will dwell on the radicalisation of this device which was recently experienced by four directors. What approach of this device did they choose ? What was the contribution of the split screen effect to their movie ? How does this radicalisation process work all along their movie ? And actually, what difference does it make to see one single shot on the screen rather than numerous shots ? what kind of contribution does the cut of the screen give to spectator ?
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