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Parcours initiatique dans un monde numérique

Auteur : Camille Clément - Directeur de mémoire : Jacques Pigeon


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Résumé :

Un parcours initiatique. Le point de départ de mon mémoire fut le constat inévitable que le numérique avait envahi le monde cinématographique. De manière inéluctable, j’allais devoir travailler avec, dans les années à venir, peut-être même n’aurais-je jamais la chance de tourner en pellicule. Or le numérique ne m’intéressait pas. J’ai donc décidé de forcer le destin et d’aller à sa rencontre. Je voulais comprendre son fonctionnement, observer les nouvelles méthodes de travail, analyser comment les opérateurs étaient en train de s’approprier ce nouveau matériel et tenter de trouver des envies d’images. J’ai beaucoup réfléchi à la présentation de ce mémoire. Au final, accepter la forme d’un parcours était ce qui me permettait de représenter au mieux ma démarche. Ce temps fut un cheminement. Je vais donc raconter mon mémoire à la première personne. Comme dans tout voyage, il y a eu un temps de préparation et d’observation. Les notions numériques nécessaires comme bagage sont reprises rapidement. Puis il y a un temps de réflexion avant le départ. J’ai essayé d’analyser l’effervescence dans laquelle se trouve la profession à partir de ce que l’on trouve sur internet, les discussions sur les forums. On peut trouver toutes sortes de documentation mais comment savoir si elles sont fiables ? Quelle est la part d’amateurisme qui se glisse au milieu de tout ça. Des nouveaux outils sortent en permanence alors que les précédents ne sont pas encore apprivoisés. Face à cette multitude d’informations, comment ne pas se perdre ? Comment trouver des repères ? Les associations de chefs opérateurs dans le monde s’interrogent, essaient de faire face en dialoguant, en faisant des essais comparatifs. Leurs démarches m’ont intéressée. J’en ai analysé quelques exemples. Remplie d’informations et de questionnements, je suis alors partie en voyage. Je suis allée à la rencontre des professionnels, soit à travers des stages, soit à travers des rencontres qui s’organisaient au fil des possibilités, des envies. J’ai essayé de recueillir des paroles de chefs opérateurs qui ont expérimenté la question numérique : Yves Angelo, Yves Cape, Eric Guichard, Denis Lenoir, Thierry Pouget, José Gérel, Julien Hirsch, Philippe Ros. Tous ont un point de vue, des méthodes de travail que j’ai essayé de retranscrire. La postproduction étant partie prenante du travail en numérique, je suis également allée à la rencontre des laboratoires numériques avec Frédéric Savoir chez Amazing Digital et Thierry Baumel chez Eclair. J’ai découvert le matériel et son utilisation, les avantages et les inconvénients de différentes configurations numériques. Au terme de ce parcours riche et véritablement instructif (qui est en fait sans fin), je me suis mise en situation. La préparation potentielle d’un film et la question des choix d’images. J’ai pour cela fait des essais avec une caméra que je ne connaissais pas et que j’avais envie de regarder de plus près : la RED ONE. Parce que tout le monde en parle, j’avais envie de voir quelles images en ressortaient.

 

Abstract :

It was an initiatory journey. The starting point of my report emerged when I realized that the digital approach had invaded the moviemaking area. Undoubtedly, I would have to work with it in the future ; possibly I would never have the opportunity to work with a traditional film. Still I did not feel particularly attracted by the digital technique. Consequently, I decided to take a chance to discover it. I wanted to find out how it worked, observe the new working methods, analyse how cameramen were adjusting to this new equipment, and do my best to get an urge to make pictures. It took a long time before I could decide the approach I would consider appropriate for this report. Eventually, accepting the idea of a journey seemed to be the best way to evoke the process. It was a long mental trip. So I will tell my report in the first person. As it happens for any journey, there is a time for preparation and observation. The prerequested basic notions about the digital technique are promptly reactivated. Then, there is a time for reflection before departure. I tried to analyse the excitement of professionals using elements that are available on the net, in chats on forums. There are all sorts of informations, but how can you be sure that they are reliable ? How can you tell whether there is a good deal of amateurism or not ? New equipments regularly appear, whereas the previous ones are not yet domesticated. Confronted to so many informations, what should you do not to get lost ? How will you adjust ? Associations of chief cameramen in the world, question each other, try to cope with the challenge exchanging information, and doing comparative tests. I was interested by their experiments. Consequently, I analyzed a few examples. Rich with information and many questions, then I started for my journey. I went to meet professionals, either during training practice, or through informal accounters. I tried to get the opinion of chief cameramen who have experimented the digital approach such as Yves Angelo, Yves Cape, Eric Guichard, Denis Lenoir, Thierry Pouget, José Gérel, Julien Hirsch, Philippe Ros. They all have an opinion, working habits, and I tried to relate them. As postproduction is part of the digital approach, I also met numerical laboratories : Amazing Digital with Frédéric Savoir and Eclair with Thierry Baumel. I experimented the equipment, discovered how to use it, I noted the advantages and disadvantages of the various digital configurations. At the end of this splendid and instructive journey (which is actually a permanent quest) I started off. With the potential preparation of a movie came the question of the choice of images. For this purpose, I made tests with a movie camera that I had never used before, and that I wanted to examine seriously ; it was the RED ONE. Because there is so much talk about it, I wanted to discover the images it would produce.