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Quelle lumière pour quelle pénombre? Réflexions sur les qualités de lumière et les effets produits sur la perception de la pénombre au cinéma.

Auteur : Sarah Dubien - Directeurs de mémoire : Yves Angelo et Benoît Turquety


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Résumé :

La pénombre est un état lumineux qui soulève une question importante : Comment rendre la sensation de sombre au cinéma ? Cette sensation repose sur plusieurs éléments dont l’opérateur va devoir se soucier. La culture du spectateur, la physiologie de l’oeil, l’environnement dans lequel les images sont reçues, en sont des exemples. Quelle pénombre pour quel film ? Les images sombres au cinéma sont souvent regroupées en deux catégories. Tout d’abord, celle des images pénombrales. Elles se rapprochent de la vision scotopique que l’on peut avoir lorsque nous évoluons dans un environnement sombre. Ces images ont sur nous un impact particulier. Elles peuvent mettre mal à l’aise en nous plongeant dans une atmosphère à laquelle nous ne sommes pas habitués au cinéma, et, peuvent également révéler une réalité de perception que ne nous procureront pas forcément les images conçues selon les codes cinématographiques. Lorsque nous allons au cinéma, nous sommes conscients d’être spectateurs d’une mise en scène. Nous ne sommes pas dupes du mensonge photographique dont il est très souvent question. Exprimer la pénombre au cinéma, ne signifie pas forcément la traiter réellement. C’est justement le cas de la seconde catégorie d’images dont il est question. L’adaptation du clair-obscur pictural au cinéma a donné les images low key. Elles ne ressemblent en rien à ce que nous pouvons voir dans la réalité, mais, nous les percevons comme sombres, grâce aux conventions, aux habitudes, mais aussi aux mécanismes physiologiques qu’elles mettent en jeu. Dans les deux cas, les choix techniques – au tournage et en postproduction –, la direction d’acteur, le choix des décors... seront autant de paramètres que l’opérateur devra articuler, avec les autres chefs de postes, afin d’arriver à la sensation de sombre voulue. Restera alors au directeur de la photographie de se tourner vers le type de pénombre qui soulignera le mieux la force du récit, et qui satisfera au mieux les désirs du metteur en scène.

 

Abstract :

Darkness (or half light) is a luminous state, which asks an important question: how can the feeling of darkness be created in motion pictures? This sensation relies on several elements that the cinematographer will need to take into account: the audience's general knowledge, the physiology of the eye, the environment in which the images are received, are of a few examples. Which darkness for which film? Dark images in cinema are often grouped together in two categories. First, the images belonging to “intense darkness”. These are close to the night vision we experience when moving into a dark environment. These images have a particular impact on us. They can bring uneasiness by dragging us into an atmosphere we are not used to in cinema, and can also reveal a reality of perception that images made according to cinematographic codes do not usually show. When we watch motion pictures, we are conscious spectators of a movie. We are not falling for the photographic lie we are often shown. To express darkness in films does not necessarily mean to render it perfectly. It is the case of the second category of images. The cinematographic adaptation of the “light-dark”(“clairobscur”), is what we call the “low key” images. They are far from what we can experience in reality, but we perceive them as dark, thanks to conventions, habits, but also thanks to the physiological mechanisms they bring into play. In the two cases, technical choices – on shoot and in post production the direction of actors, the choice of sets… are some of the factors the director of photography will need to deal with, as well as with the other crew heads, in order to convey the required feeling of darkness. It is then up to the cinematographer to choose the right type of darkness which will truly underline the strength of the story, and best satisfy the director's vision.