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Le difficile statut de la photographie ethnographique : étude du fonds photographique du musée du quai Branly.

Auteur : Céline Scaringi ; Directrice du mémoire : Françoise Denoyelle

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Les annexes de ce mémoire sont accessibles sur demande.

Résumé :

La rédaction de ce mémoire a été motivée par différentes interrogations sur les relations qui existent entre les fonds photographiques issus des expéditions ethnographiques qui ont jalonné les XIXe et XXe siècle et le champ muséographique. La reconnaissance du statut artistique de cette pratique photo-mécanique s'est construite en étroite concordance avec l'évolution des dogmes de l'histoire de l'Art et, en conséquence, avec la curiosité croissante que les musées des Beaux-arts ont eue pour la photographie. Cependant, justifier son ascension par un axe d'analyse trop sommaire est toutefois risqué. En effet, sous-entendre que la légitimation de l'objet photographique s'est bâti uniquement à travers un schéma de pensée d'abord obscure à sa présence dans les musées, puis bienveillante est une façon d'éluder l'importance qu'on accorda dès le début du XXe siècle aux fonds photographiques appliqués à un champ disciplinaire tel que l'ethnologie : les collections du département des estampes de la Bibliothèque Nationale de France ou celle du musée du quai Branly, anciennement annexées au musée de l'Homme, sont donc à ce titre des sujets d'étude dignes d'intérêt. S'intéresser à l'histoire d'un fonds à la fois composite et hétéroclite, comme celui de la photothèque du musée de l'Homme aujourd'hui transféré dans les réserves du tout récent musée des Arts Premiers, est une source riche d'enseignements sur les fluctuations des politiques patrimoniales et l'évolution des démarches de conservation. La diversité des regards portés sur ce fonds colossal, riche d'un peu plus de 580 000 pièces, depuis les origines de sa création, met en évidence l'ambiguïté de son statut, oscillant constamment entre sa valeur d'archive et son titre de collection. En effet, l'accumulation de ce patrimoine photographique s'est développée au sein de diverses institutions muséales dès le début du siècle sans pour autant bénéficier des politiques de diffusion : les photographies ethnographiques étaient consultées moins pour leurs qualités esthétiques que pour leur valeur incontestée de documentation et de témoignage auprès des scientifiques. Avant d'entreprendre l'examen approfondi de cette collection, nous avons tenté dans un premier temps de resituer le contexte historique dans lequel s'est inscrite la création d'un département d'images au musée de l'Homme, et d'aborder la nature équivoque de ces photographies, sommées d'être parfaitement objectives par la rigueur scientifique mais tantôt téméraires dans leurs exigences artistiques inavouées. Dans une seconde grande partie, nous avons fait l'analyse de la gestion de cette même collection par deux institutions : le musée de l'Homme et le musée du quai Branly, non pas tellement pour en juger de l'efficacité, mais bien davantage pour en interroger la nature, les fondements et les singularités. Il ne s’agit pas tant de proposer une étude historique sur le développement de cette collection, mais bien davantage de considérer la façon dont la photographie ethnographique y a été envisagée, en examinant les principales missions de ces deux institutions.

Abstract :

The writing of this research takes its roots in the questions about the relationships between photographic collections acquired through ethnographic expeditions of the nineteenth and twentieth centuries, and the museum field. The recognition of the artistic quality of the ethnographic photographs has grown up along with the expansion of History of Art, and therefore, with the interest of Art museums towards this type of photographs. Yet, explaining its rise by drawing a quick overview of a complex context is pretty risky. Indeed, implying the photograph legitimation has gone through disinterest then compassion from museum authorities, is a way to put aside the early significance some Art Institutions showed to many historic collections. In this regard, the Bibliothèque Nationale de France (the National library of France) collections or the quai Branly museum ones, which formerly belonged to the Musée de l'Homme, are great instances to dig further the subject. Writing a research asigned to the study of a collection as heterogenous as the one of the Quai Branly Museum, is basically, a significant way of assessing the evolution of the inheritance museum policies and conservation techniques. The broad spectrum of looks this huge collection (including more than 700,000 works) has implied through ages, emphasizes the ambivalence ethnographic work enclosed, regarding its documentary value as an anthropological proof, and its aesthetic quality. Indeed, all along these years, the collecting of this photographic heritage took place in many of recognized museum institutions at the end of the nineteenth century, without being included in any anthropological exhibitions. Ethnographic photographs were most of the time, refered less to their aesthetic aspects than to their precious scientific values. Before taking a further interest in the collection, we have briefly expounded the historic context in which a photographic department in the Musée de l'Homme has been created. Then, trying to established the various aspects of ethnographic photographs, we showed the double complexity photographic production was assigned to, that is scientific strictness and artistic ambitions. In a second part, we focused on comparing two institutions policies regarding this collection : the Musée de l'Homme and the Quai Branly Museum. This study will less assess the proeficienty of these methods, than their roots and particularities. More than drawing a simplistic historic overview, I will work at my best to express how ethnographic photographs have been considered by these two institutions, showing differents hints of perspective such as conservation methods or inheritance policies.