Auteure : Milène Chave - Directeurs de mémoire : Christian Canonville et Michel Marie
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Résumé :
L’art est souvent perçu comme un moyen d’expression qui s’adresse délibérément aux sens, à l’intellect, et suscite des émotions. Dans cette optique, l’oeuvre invite le spectateur à vivre une expérience unique. Au service de cette préoccupation, le cinéma dispose d’un ensemble d’outils de langage dont le mutisme fait partie. Le silence volontaire de la voix, en rompant avec les codes du cinéma classique dominant, permet une structuration de l’oeuvre cinématographique et peut véhiculer un impact émotionnel fort. Ce travail présente une étude du mutisme, comme élément d’expression du cinéaste. Après un recensement des formes qu’il peut prendre, nous proposons un guide pour comprendre pourquoi et dans quels buts le mutisme est utilisé. Au coeur des enjeux de la création et de la perception des oeuvres, nous abordons enfin le mutisme à travers ses significations, ses effets émotionnels et la dualité oeuvre/spectateur qu’il révèle. En nous appuyant sur des séquences que nous avons écrites et réalisées, nous invitons à la réflexion sur les enjeux de l’utilisation du mutisme. Notre travail expérimental s’est ici particulièrement attaché aux conséquences de l’utilisation du mutisme sur la narration, la mise en scène, la construction de la bande sonore, et aux effets sur le spectateur. Ce travail théorique et expérimental est finalisé par une réalisation : un court-métrage basé sur une raréfaction de la parole au profit d’autres éléments d’expression accompagne donc la présentation de ce mémoire. Désireux d’apporter quelques repères sur un élément de langage du cinéma encore assez peu étudié, nous retenons avant tout une idée fondamentale et récurrente : l’absence volontaire de parole, le mutisme, apparaît comme un révélateur, révélateur de soi, de l’autre, révélateur formel, émotionnel, révélateur de sens.
Abstract :
Art is often conceived as a means of expression directly applying to the senses and the intellect, and arousing emotion. In this context, the work of art invites the viewer to an absolutely unique experience. In order to do this, cinema has at its disposal a set of tools including mutism. By breaking the codes of dominant classical cinema, unspoken dialogue structures the film and can have a strong emotional impact. This work presents a study of mutism as an element of the filmmaker’s expression. After an inventory of the forms it can take, we propose a guide to understand why and in what ways mutism is used. Finally, we will address the meaning of silence, its emotional effects on the spectator and his interpretation, concerns which are at the heart of the creative process and the perception of a given work of art/film. Based on sequences we wrote and performed, we invited viewers to reflect on the reasons for the use of mutism. Our experimental work has paid particular attention to the consequences of the use of mutism on narration, staging, the construction of sounds, and the effects on the spectator. This theoritical and experimental work was completed by a practical component part: a short movie for the most part unspoken in favour of other elements of expression. In our desire to add to the slim volume of studies on this feature of film language, we have taken a fundamental and recurring idea: the voluntary absence of speech i.e. mutism, appears as an indicator of the self, of the other, a formal indicator of emotion as well as an indicator of meaning.
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