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Evolution du métier de chef-opérateur, animation et effets spéciaux

Auteur : Antoine Aybes-Gille - Directrice de mémoire : Francine Lévy

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Résumé :

Le numérique implique une redéfinition des contraintes de production. Nous développons ici l’idée qu’une nouvelle organisation du processus de création est nécessaire. Ce nouvel agencement tient compte de la fin d’une logique de “cascade analogique” et de la concrétisation de l’idée du “chaudron numérique”. Grâce à cette approche le numérique développe ses potentialités en permettant de fondre l’ensemble des informations-images en un magma unique malléable par tous. Cette mutation touche autant l’organisation des talents, que les talents eux-mêmes. Les professions les plus affectées et que nous étudions dans ce mémoire, sont celles de directeur de la photographie et de superviseur des effets spéciaux et visuels. Afin de placer cette recherche et le changement que nous entendons, dans la perspective du premier technicien d’un art vieux de plus de cent ans, nous débutons l’étude par un historique synthétique du métier de directeur de la photographie. Nous abordons alors les différentes révolutions techniques que le cinéma a connues et que ses opérateurs ont intégrées et travaillées. Ces évolutions plus ou moins brutales ont sans cesse changé l’environnement et les compétences du directeur de la photographie, mais jamais son métier : faire une image. Nous nous intéressons ensuite aux effets visuels et spéciaux, d’abord pour les définir, et ensuite pour étudier leurs impacts sur le métier de l’opérateur. Au coeur de ces effets, le compositing, ou composition différée que nous étudions de manière approfondie. Étant une manipulation directe de l’image, le compositing est de la responsabilité du directeur de la photographie, sans pour autant être de son ressort… Après avoir rappelé les ancêtres du fond bleu et de l’incrustation numérique, nous envisageons les paradoxes qu’ils impliquent du fait de la division du travail de l’image et de l’introduction d’un écart dans sa création. En augmentant, la quantité d’effets et l’écart ont favorisé l’émergence du poste de superviseur des effets spéciaux et visuels. Nous étudions donc comment le rôle de ce technicien aux champs d’intervention multiples est avant tout de veiller à la bonne communication entre le plateau et les stations de travail de l’image. Une communication que le superviseur doit penser du story-board à l’étalonnage. Aujourd’hui le métier change et des profils nouveaux, plus adaptés à la nouvelle organisation dûe au numérique, semblent pouvoir émerger et faire valoir au delà de la mise en oeuvre technique, un regard critique sur l’image et sa création. Parce que définie comme de plus en plus proche des effets, nous étudions ensuite l’animation pour ses outils et ses techniques propres. En effet, ses productions impliquant une quantité de travail sans comparaison avec le cinéma traditionnel, l’animation a dû développer une conception décomposée de l’image par calques au temps de la 2D. Une conception qu’elle a fait évoluer en passes d’informations avec la 3D. D’autre part, mais nous intéressant également, la création de synthèse étant encore dans une recherche du photo-réalisme, l’animation étudie le réel et approche ses techniciens. Enfin nous croisons ces approches, et parce que le numérique permet et favorise par sa nature vidéo, la décomposition et la recomposition de l’image, nous mettons en avant l’intérêt qu’à l’opérateur à s’approprier la réflexion par passes 2D. Cette conception que nous trouvons aujourd’hui dans l’étalonnage numérique est complémentaire de l’image et est à faire dialoguer avec la réalité tri-dimensionnelle du plateau. Nous étudions aussi le rapport entre Virtuel et Réel, afin de mieux cibler les possibilités et les atouts de chacun dans la captation et la création d’informations pour l’image de cinéma. Cette distinction des possibles nous permet enfin de penser la nouvelle logique d’organisation de la profession face au numérique, une organisation à redéfinir perpétuellement en fonction des besoins du film, et où il revient à l’opérateur et au superviseur de connaître les possibles de l’autre afin d’évaluer la nature captée ou de synthèse, du centre de gravité de l’image en création.

Abstract:

In order to focus this research on the point of view of the Cinema‘s first technician, we begin by one synthetic history of the work of director of photography. We approach the different technical revolutions that cinema has experienced and which have systematically been integrated and reflected by the operators. Unceasingly, those evolutions changed the environment and competences of the director of photography, but never its aim: making a picture. Then, we interest ourselves into visual and special effects. First to define them, and then to study their impacts on the operator’s work. Among these effects, we study thoroughly compositing, or differed composition. As a direct manipulation of the image, compositing is under the responsibility of the director of photography, without being the result of his work… After having pointed out the predecessors of the bluescreen and other digital incrustation, we consider the paradoxes they imply as they divide the work on the image and introduce a
variation into its creation. The increasing quantity of effects supported the emergence of the post of the special and visual effects supervisor. We study how the role of this technician, who works in multiple fields, is to take care of the good communication between the cinema set and the graphic workstations. And how this communication must be thought from the story-board to the final calibration. Today, the work changes and new profiles, more adapted to the new organization, seem to be able to emerge. They would define themselves through a personnel and critic glance on the image and its creation. We then study the tools and techniques of animation. As animation production implies a quantity of work without comparison with traditional cinema, animation had to develop a shattered design for the image, divided in layers for 2D, and passes for 3D. We also see how, as virtual creation is still being in a research for a photo-realist look, animation studies reality and approaches its technicians. Finally, we cross these approaches. Because digital technology allows, and according to its video nature, supports decomposition and composition of the image, we insist on the necessity for the operator to acquire a 2D reflection. This way to think the image through a layered approach can be found today in the digital calibration. And we think that making the three-dimensional reality of the set discuss with this 2D’s approach, is absolutely complementary for the image. We also study the relation between Virtuality and Reality, in order to aim more accurately the possibilities and the assets of each one in the information’s collecting and creation process. This distinction of different possibility, finally allows us to re-think the new organization’s logic of the profession now confronted to the digital technology. An organization that must be redefined perpetually according to the need for each movie, and where it is the work of the director of photography and of the supervisor to know the possibilities of the other-one, in order to ponder the nature of the image, whether it is real or synthetic, and being able so to define the most adapted process of creation.