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Sculpture et cinéma

Auteur : Adrien Raybaud - Directrice de mémoire : Francine Lévy

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Résumé :

Correspondant à des domaines artistiques, économiques et perceptifs différents, sculpture et cinéma semblent a priori difficiles voire impossibles à concilier. Pourtant de nombreux réalisateurs et cinéastes s’essayent depuis les débuts du cinéma à des expériences variées et intéressantes à l’aide de ces deux médias. La relation très intime qui peut s’établir entre les deux disciplines apporte généralement beaucoup d’originalité et un enrichissement mutuel qui relève parfois d’une véritable symbiose. Les conditions de cette relation nécessitent de dépasser d’une part le problème de la temporalité, mais aussi celui du positionnement spatial, heureusement, de nombreuses possibilités sont disponibles, et d’autres restent encore à découvrir. Il apparaît ensuite qu’une des conditions de cette symbiose réside dans le choix de la lumière. En effet la sculpture, pour être appréciée ou même simplement comprise par le spectateur à travers le prisme déformant que constitue l’image cinématographique nécessite un usage particulier de la lumière. Selon les matériaux composant la sculpture, sa texture, sa couleur, sa taille mais aussi le sens qui veut être apporté il va falloir faire des choix techniques qui relèvent souvent de compromis délicats.  La sculpture offre toute une nouvelle palette d’outils au cinéaste tandis que le cinéma permet d’explorer d’autres dimensions autour de la sculpture, voire de lui donner une autre ampleur grâce à l’argent de l’ «industrie cinématographique» Au cinéma, surprise, horreur, onirisme et humour sont souvent induits par l’emploi de sculptures. L’usage de maquettes ou de statues permet d’explorer sous des angles neufs le monde des hommes et atteindre une dimension métaphysique tout en n’ayant pas besoin de recourir au textuel. La sculpture enrichit le vocabulaire cinématographique et sert souvent de vecteur à des métaphores qui apportent sens, originalité et poésie Enfin la sculpture s’avère être au cinéma un merveilleux outil critique, d’une part par la compréhension universelle que le spectateur peut en avoir, d’autre part car elle permet de contourner facilement la censure.

Abstract:

Using different artistic, economical and perceptive domains, sculpture and cinema could be seen as impossible to mix. And yet, from the beginnings of cinema many directors and sculptors have tried various and interesting experiences with both media. The intimate relationship which can links those two artistic domains brings lot of originality and a mutual improvement which could become a real symbiosis. The conditions of this relationship require transcending the problems of time apprehension, and spatial position of the camera. Fortunately many solutions exist and many others are to be found. It seems that one of the major conditions of this symbiosis resides in the choices of lightning. To be appreciated (or simply understood) by the viewer despite the deforming prism of cinematographic image, sculpture need to be lighten with particular methods. Depending on the texture, height, colour which is used or on the sense which want to be obtained, different technical choices have to be made, sometimes with delicate compromises. Sculpture offers a large palette of tools for the movie maker whereas cinema gives the occasion to explore new dimensions of the sculpture, including by the use of the“movie industry” means. In movies, surprise, horror, dream and humour often come from the use of sculpture. The use of models or statues offers the possibilities of exploring the human world with new approaches and reach a metaphysic level without using any textual cinema tool. Sculpture enlarges cinematographic vocabulary, create metaphors and often brings meaning, originality and poetry. Finally, sculpture appears to be a very powerful critical tool, first because it can be understood universally in a very simple way and secondly because it easily escapes from censorship.