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L'inspiration littéraire en photographie: l'exemple de la photographie victorienne

Auteure : Chloé Bazaud - Directeurs de mémoire : Françoise Denoyelle et Michel Poivert

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Résumé :

Partie I :
L’ère victorienne est une époque de changements. Avec la révolution industrielle, la société moderne voit l’apparition de nouveaux problèmes, les classes défavorisées ayant du mal à s’adapter à la vie urbaine. Certains artistes refusent cette société nouvelle et se réfugient dans un passé imaginaire à travers la mode du revival. C’est le cas des peintres de la confrérie préraphaélite. Cette pratique s’étend aux autres arts tels la littérature et la photographie. Au début, les contemporains ne considèrent pas la photographie comme une pratique artistique mais comme un mode photomécanique de reproduction du réel. Ainsi certains photographes vont délibérément traiter des thèmes jusqu’ici réservés au Grand Art.
Partie II :
De manière à s’émanciper de l’emprise du réel sur la photographie, les photographes vont avoir recours à différents types de procédures qui ont chacune des conséquences sur le rendu esthétique de l’image. Dans certains cas, l’inspiration littéraire reste discrète, et le thème choisi est difficilement identifiable à moins d’un titre explicite. D’autre part, la mise en scène donne souvent un aspect théâtral aux images. Le principe est emprunté à un divertissement mondain, les tableaux vivants. Pour compenser les lacunes de la technique photographique de l’époque, les photographes doivent faire preuve d’ingéniosité. Cette volonté d’inspiration littéraire est l’occasion pour certains photographes de participer aux débuts du trucage. Celui-ci se manifeste sous différentes formes telles le collage, la surimpression, la technique des épreuves combinées et celle des épreuves composites. Oscar Gustav Rejlander, puis Henry Peach Robinson, sont les deux photographes qui illustrent le plus brillamment la technique des épreuves combinées qui consiste en la réalisation d’un tirage à partir de plusieurs négatifs. Julia Margaret Cameron a recours à une variante simplifiée de cette technique, les épreuves composites.
Partie III :
La photographie, en entretenant des liens très étroits avec la peinture et la littérature, parvient à s’insérer dans le milieu artistique. La photographie peut être considérée comme une sorte de preuve de l’existence des éléments imaginaires qu’elle parvient désormais à représenter. Les conséquences sur la perception du rôle de la photographie se font également sentir. La photographie peut, elle aussi, être un « art du mensonge », et les photographes y contribuent avec chacun sa propre démarche. Les traités de Henry Peach Robinson marquent le début de l’élaboration d’un cadre théorique pour la pratique artistique de la photographie. Ces idées seront reprises par les pictorialistes quelques années plus tard pour défendre la même cause, celle de la photographie artistique.

Abstract:

Part I :
Victorian age is a time of change. With industrialization, new problems happen in modern society because of the disadvantage sections of the population who don’t manage to adapt to urban way of life. Some artists refuse this modern society and take refuge in an unreal past with the fashionable revival. The preraphaelite start their brotherhood by this way. This practice extend over other arts as literature and photography. At start, contemporaries don’t think photography is an art but as a way to copy reality. So, some photographers decide to deal with painting’s subjects.
Part II :
To become liberated from the ascendency of reality over photography, photographers choose different ways which have different results on aesthetic return of the images. Sometimes, literary inspiration keep discreet and it is difficult to find what is the theme treated, at least there is an explicit title. On the other hand, performances give a theatrical effect to the images. This is from a society entertainment, the Tableaux vivants. To compensate deficiencies of photography, photographers have to be ingenious. This wish of literary inspiration drives some photographers to the beginings of truquage. This take different ways as collage, surimpression, the techniques of combination printings and composite printings. Oscar Gustav Rejlander, then Henry Peach Robinson, are the two photographers who smartly show the technique of combination printings, which consist of making one print with several negatives. Julia Margaret Cameron use a different and less difficult technique, composite printings.
Part III :
Photography, by having close links with painting and literature, manage to fit into artistic world. Photography can be seen as a kind of proof of imaginary things’ existence, because she can show them now. We can feel consequences on the perception of the role of photography. Photography can be a « false art » and photographers go by this way with their own practice. Henry Peach Robinson’s treatises start to elaborate a theoric frame for artistic photography. These ideas will be taken back by the pictorialists some years later, in order to defend artistic photography too.