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Non lieu, évolution à travers la photographie de paysage contemporaine

Auteure : Emilie Vialet - Directeurs de mémoire : Rolan Menegon et Thibaut Cuisset

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Résumé :

La transformation de nos territoires et ses multiples altérations ont toujours suscité l’intérêt des photographes. Leurs pratiques ont évoluées peu à peu vers des sujets auxquels nous prêtons rarement attention. Aujourd’hui, nous pouvons nous demander en quoi la photographie de paysage contemporaine participe-telle à mettre en évidence la notion de non-lieu et la fait-elle évoluer ? A travers les pratiques des précurseurs ainsi que les commandes, nous pouvons voir de quelle manière la représentation du non-lieu est une préoccupation réémergeante en photographie. Son évolution amène chez les contemporains à
trois formes paysagères différentes : la première atteste l’émancipation d’une altération des paysages actuels chez les américains (Peter Goin et Edward Burtynsky) et chez les européens (Sophie Ristelhueber, Walter Nierdermayr et Brigitte Bauer). La deuxième illustre les propos de Marc Augé et fait état d’un paysage quotidien et fonctionnel, partie intégrante du travail de certains photographes contemporains (Dominique Auerbacher, Edith Roux, Walter Nierdermayr, Nicolas Faure). Pour finir, la troisième forme reste celle de l’espace intermédiaire ou du Tiers paysage. Les photographes (Thibaut Cuisset, Michel
Séméniako et Thierry Girard) tentent d’esthétiser ces nouveaux espaces sauvages que forment nos friches, nos déserts, nos terrains vagues et délaissés. L’esthétique accordée au non-lieu le fait accéder au statut de paysage. Sa représentation positionne le spectateur dans l’expérience première de ce qu’il n’avait jamais envisagé comme beau. Le banal, le quotidien devient une forme digne d’intérêt. Pour en juger, j’ai donc réalisé une série de photographies de non-lieux situés en bordure de voies de communication : ronds-points, nationales, échangeurs et autoroutes. L’aspect inaccessible de cet espace de transit m’a fasciné pour son paysagisme très contrôlé et la vue qu’il n’offre plus au voyageur pressé mais à celui qui le traverse, et ensuite au spectateur de l’image.

Abstract:

The transformations and alterations of our landscape have always been of a great interest to photographers. Their works slowly moved towards places of lesser importance to most people. In what sense does contemporary landscape photography participate to the expanding notion of non-site? Commands and the work of pioneers tend to show how "non-sites" has always been a part of picture based and photographic art. The comeback of the notion of "non-site" in contemporary photography is articulated around three basic forms of landscape pictures. The first one confirms the emancipation of landscape alteration through the work of American (Peter Goin et Edward Burtynsky) and European artists (Sophie Ristelhueber, Walter Nierdermayr et Brigitte Bauer). The second one, illustrating Marc Augé's ideas, relates a functional everyday-life landscape being the central point of attention of some contemporary photographers (Dominique Auerbacher, Edith Roux, Walter Nierdermayr, Nicolas Faure).The third remaining form of intermediate space, or "Tiers paysage". The attempt of such photographers as Thibaut Cuisset, Michel Séméniako and Thierry Girard is to define the aesthetics of new free zones embodied by landscapes such as abandoned factory sites, unoccupied places and deserts. The analysis of contemporary approaches shows us how the "non-site" has become a landscape of its own and to which extent it is possible to consider it as a vector of meaning and form through photography. The "non-lieu"contributes to the redefinition of the notions of beautiful landscape. The simple, trivial and usual becomes an artform. My work is composed of pictures taken around roads, motorways and inter-connexions. Such places over-structured and unreachable landscapes offers a more fascinating scene to the viewer than to the obsessed traveller.