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La représentation de l'espace et du temps dans la photographie panoramique

Auteur : Nicolas Burtey - Directeur de mémoire : Pascal Martin

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Résumé :

Trop souvent caractérisée comme une image simplement plus longue que large, la photographie panoramique, si elle renferme les qualités optiques et chimiques de la photographie, possède ses propres caractéristiques. C'est dans sa représentation de l'espace et du temps qu'elle se distingue particulièrement. La technologie numérique donne à voir de nouvelles formes de perception et de représentation, de nouvelles perspectives et de nouvelles esthétiques. Elle repousse les frontières de l’image panoramique un peu plus loin. Dans le processus de captation, d’une part, avec les logiciels d’assemblage : le fragment temporel, souvent composé d’instantanés multiples, succède au moment, caractéristique de la photographie panoramique avec les appareils rotatifs. Dans le processus de restitution d’autre part, à travers la technologie du QTVR, mais aussi grâce à la transformation numérique de la projection de l’image, qui se base sur une science : la cartographie. Au final, les images issues d’un protocole numérique se distinguent essentiellement lorsque l’objet bouge pendant la prise de vue, et lorsque l’espace représenté se répète. Contrairement à une image obtenue avec un appareil rotatif, la répétition de l’espace est, avec un logiciel d’assemblage, reproduite à l’identique. La relation de l’image à l’observateur avec la photographie panoramique est différente de son homologue au format classique. Elle se situe entre la distanciation de l’épreuve panoramique imprimée et l’immersion des images QTVR ; entre point de vue unique lors de la captation et multiple lors de la restitution ; entre perspective curviligne pour l’image imprimée et perspective linéaire pour le QTVR ; entre présence d’un cadre mais absence d’un hors-champ. En plus de la traditionnelle image panoramique dans un cadre allongé, nous nous attarderons sur un format bien moins courant, formellement aux antipodes de celle-ci : les images à 360 degrés qui s’inscrivent dans un cadre carré ou circulaire. Ce mémoire est une réflexion sur la photographie panoramique, de ses dispositifs, de ses particularités, tant du point de vue technique qu’esthétique. Ainsi, il touche à des champs assez larges, du panorama pictural en rotonde aux récentes projections cartographiques, en passant par la topographie, le cinéma, ou encore le jeu vidéo.

Abstract:

Too often characterized as a longer than wide picture, panoramic photography, if it includes the optical and chemical qualities of photography, has its own characteristics. It is in the representation of space and time that it particularly stands out. Digital technology brings manners of perception and representation, new perspectives and new aesthetics. It pushes the boundaries of the panoramic picture a little further. On the one hand, in the picture-taking process, with assembling software: the time fragment, often composed of multiple snapshots replaces the moment, typical of panoramic photography, with rotating cameras. On the other hand, in the restitution process, through QTVR technology, but also thanks to the digital transformation of the picture projection, based on a particular science: mapping. In the end, the pictures produced through a digital process differ mostly when the object moves during the shot, and when the space represented repeats itself. Contrary to a picture obtained with a rotating camera, space repetition is, with assembly software, duplicated. The observer has a different relationship to a panoramic photograph compared with a regular one. It lies between distance from the printed panoramic print and the immersion into QTVR pictures; between unique point of view during the shot and multiple one during restitution; between curved perspective for the printed picture and linear perspective for QTVR; between the presence of a frame but the absence of an out-of-frame space.  In addition to the classic panoramic picture in a long frame, we will examine a much less common format, formally opposite to it: 360-degree pictures within a square or circular frame. This term paper is a reflection on panoramic photography, on its devices, its particularities, as much from an aesthetic angle as from a technical one. In this respect, it covers rather wide topics, from cylindrical painted panorama to recent mapping projections, though topography, cinema or video games.