Recherche

Procédures documentaires - Créer du sens dès la capture où lors de la restitution des images ?

Auteur : William Gaye - Directeurs de mémoire : Christian Caujolle - Mat Jacob (Tendance floue)

Téléchargement du mémoire : partie A

Téléchargement du mémoire : partie B

Résumé :

Ce travail présente une réflexion sur les multiples formes documentaires proposées par les photographes en réponse aux contraintes éditoriales constatées dans la presse actuelle. Dans un contexte où il peut paraître difficile de trouver un relais chez les médias pour développer des reportages de fond, les espaces offrant une réelle place à la construction d’un propos photographique sont rares. De nombreuses solutions existent cependant pour innover et beaucoup d’autres restent à inventer. L’incroyable développement de ces vingt dernières années de la pratique photographique et l’utilisation massive d’images dans de nombreux domaines, facilitée par l’émergence de nouvelles technologies, réclame aux photographes professionnels de remettre en cause leur façon de mettre le monde en images. Pour sortir d’un formatage dicté par les règles du commerce, ils doivent ainsi mettre en place ce que nous nommerons des « procédures documentaires » qui fassent sens. Ces procédures naissent de la confrontation à un sujet spécifique. Elles s’appliquent dès la prise de vue ou lors de la restitution des photographies. Chaque prise de position est alors décisive : prendre le temps de fabriquer un matériau pertinent ; lui adapter une façon de photographier précise ; mettre en commun les points de vue ou encore construire avec le sujet. De même, les choix formels liés à la fabrication d’un livre, la possibilité de présenter ses images via des systèmes de diffusion alternatifs, la contextualisation d’un travail et la mise en exposition regorgent de possibilités de narration pertinentes. L’image seule ne peut se suffire à elle-même. Pour lui redonner une place qui ne la relègue pas au statut d’illustration, les photographes se doivent de s’engager de la construction à la restitution d’un projet, continuer de questionner le monde librement, et structurer leur discours afin de ne pas tomber dans un systématisme aliénant ou dans des stéréotypes imposés par des diffuseurs, trop souvent insensibles à l’image mais aussi aux hommes qui les récoltent. La photographie a aujourd’hui une place à se réapproprier au sein de l’information, en tenant compte des ses lacunes et en les dépassant, au service du document.

Abstract:

This work presents a reflexion about the various forms of documentary proposed by photographers as a response to editorial constraints observed in today's press. In a context where it may seem difficult to find a relay among the media to develop investigations, spaces which would propose a real place to the construction of photographic subjects are rare. However, there are many solutions available for innovation and many other are to be invented. Through the past 20 years, the incredible development of photographical practices and the massive use of images in various areas, eased by the emergence of new technologies, requires professionnal photographers to question the way they bring the world into image. In order to get out of a formatting dictated by business rules, they have to set up what we will call « documentary proceedures » that make sens. These proceedures raise from the confrontation to a specific topic. They apply from picture-taking to their presentation. Each decision is therefore determinative : take the time to elaborate a pertinent material ; adapt to this material an accurate way of taking photographs ; put together points of view or also build with the topic. In the same way, formal choices related to the preparation of a book, the choice of presenting one's images through alternative diffusion systems, the contextualization of a work and the construction of its exhibition abound with relevant narration possibilities. The image is not self-sufficient. In order to give it a place that does not relagate it to an illustration status, photographers have to get involved from the elaboration of the project to its restitution; they have to continue to question freely the world and structure their discourse in order not to fall in an alienating systematism nor stereotypes imposed by diffusors who often times are insensitive to the image but also to the person who produces them. In order to recover the place it has inside the information world, photography has to take into account its weaknesses, overcome them, always with devotion to the document.