2005 - Séminaire de recherche : Nouvelles fictions
« Une des principales utopies générées par le cinéma numérique est bien celle d'une autonomisation des images et des sons par rapport au réel. Or, les images qui sont, techniquement, le plus autonomes - par le biais des effets spéciaux, sont souvent celles qui sont le plus dépendantes, sur le plan scénarique, des clichés et des stéréotypes dominants. On cherchera dans un premier temps à explorer ce réseau d'autonomies et de dépendances (à travers, entre autres, des extraits de la série "Matrix"). Je questionnerai ensuite la possibilité pour la fiction de concentrer un état du monde et de la société, de façon à la fois, analytique, critique et poétique, à travers l'exemple remarquable de "Monsieur Verdoux". On sait que ce film valut à Chaplin son exclusion de la plus célèbre usine à rêves du monde. Avec Hervé Nisic,>cinéaste rigoureux et exigeant, nous envisagerons les nouvelles possibilités narratives issues des dernières technologies. Nous envisagerons également un état de la fiction qui ne serait plus soumis à la narration. Il sera beaucoup question de l'activité du spectateur.
Renforcer l'esprit de création au cinéma est certainement une nécessité plus actuelle que jamais. A travers deux films que l'on a pu revoir récemment - "Munch" de Watkins et "Lust for life" de Minelli - il sera question de la disposition à créer et du processus de création, les enjeux de création n'étant jamais séparés des autres enjeux de vie. »
Gérard Leblanc