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Coordonnées de l'école
Ecole nationale supérieure Louis-Lumière
La Cité du Cinéma - 20 rue Ampère
93200
Saint-Denis (France) / Tel : 01 84 67 00 01
Téléphone
01 86 67 00 01

Projection de deux films dans le contexte du séminaire du Laboratoire d’Anthropologie Sociale "Anthropologie du visuel : Pratiques filmiques et anthropologiques" organisé par Corinne Fortier en collaboration avec l'École

Djamilia

Le jeudi 21 février 2019

de 17h à 20h

 

Aminatou Echard explore la relation entre son et image. Le travail de terrain est un élément essentiel de sa pratique cinématographique. A partir de 2006, elle se rend régulièrement en Asie centrale (Kirghizstan, Ouzbékistan et Kazakhstan) où elle recueille de nombreuses images super 8 et sons afin d’explorer les liens particuliers qui se tissent entre les personnes et leur environnement. Ses films ne se dégagent pas de la réalité, mais ils tentent de la montrer dans toute sa complexité, pour saisir une autre perception du monde où réel et imaginaire, pensée et sensible se présente comme un même évènement. Aminatou Echard rend sensible le monde à un état naissant où converge l’immatérialité de l’image poétique et la matérialité de l’image cinématographique. Cette relation de proximité avec le monde dans un mouvement permanent, où les relations importent plus que les choses elles-mêmes.

 

Djamilia, héroïne d'un roman de Tchinguiz Aïtmatov publié en 1958, enlevée et mariée selon une coutume kirghize encore en vigueur, s’enfuit avec son amant. En effectuant des repérages, Aminatou Echard s'est aperçue qu'évoquer la protagoniste ouvrait littéralement des portes. Cet accès inespéré à une parole intime nécessitait un film à part. Les témoignages issus de ces rencontres brossent le portrait d'un système patriarcal résurgent depuis la fin de l’époque soviétique.

 

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La sensualité de la pellicule Super 8, au grain parfois accentué par un refilmage, va à l’encontre de l’habituelle esthétique vintage. L'absence de son synchrone accompagne la lucidité des propos de ces femmes de toutes générations. Des extraits du roman, traduit en français par Louis Aragon, s’inscrivent sur le paysage. Bientôt, l'écriture apparaît non plus comme celle d'un autre (un auteur masculin, un texte canonique) mais comme une pratique féminine partagée malgré les fortes contraintes du quotidien, qu'il s'agisse de transmettre à des lycéennes la capacité d'exprimer leurs désirs et leurs refus, de composer des chansons, de rédiger son autobiographie à l'insu de son mari, ou encore, comme l'adolescente qui milite pour l’égalité de genre d'inventer des graffitis féministes (Charlotte Garson).

 

Aminatou Échard est réalisatrice et ethnomusicologue et a reçu de nombreux prix comme le prix du Jury Jeunes au IsReal Festival del cinema del reale 2018 (Italie, Sardaigne), le prix du Jury documentaire au Festival International du film d'Amiens 2018 et le prix  du documentaire sur grand écran, au Festival International du film d'Amiens 2018

 

 

 

The people behind the scenes

Le lundi 18 mars 2019

de 17h à 20h

 

Interrogé en juillet 2015 au sujet des migrants qui tentent de rejoindre la Grande-Bretagne par Calais, l'ancien Premier ministre britannique David Cameron décrit un «essaim de personnes traversant la Méditerranée à la recherche d'une vie meilleure».

 

Ces propos, condamnés par ses opposants qui y virent un langage déshumanisant, refètent le contenu de la campagne qui mena au Brexit. Ils sont imprégnés d'images qui colorent l'imaginaire occidental de la migration. Ma recherche vise à questionner ces images en donnant à voir l'inconscient collectif des migrations maritimes. Empruntant à l'anthropologie visuelle mais comme homo pictor : un être qui façonne les images, qui produit des images et qui comprend le monde en images (Belting 2011). Partant, les représentations visuelles qui traitent des migrations y sont considérées comme des grilles de lecture des politiques migratoires actuelles.

 

Ma présentation décrira ma recherche en pratique sur les représentations artistiques et médiatiques de la «crise migratoire» en Méditerranée et s'attardera plus précisément sur la réalisation du film The People Behind The Scenes tourné en 2018 dans l'archipel Maltais.

 

Elsa Gomis

Réalisatrice, chercheuse Titulaire d'une bourse de recherche de la School of Art, Media, and American Studies de l'Université d'East Anglia, Angleterre, Elsa Gomis explore les représentations de l'exil en Méditerranée. Elle vit et travaille à Oxford.

 

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The People Behind The Scenes traite de l'exil en Méditerranée sans montrer des images de l'actuelle « crise » migratoire mais en donnant la parole à la population de l'archipel de Malte.

 

Partant, les représentations visuelles qui traitent des migrations y sont considérées comme des grilles de lecture des politiques migratoires actuelles. Le flm introduit dans d'autres contextes les motifs visuels tels que les bateaux en caoutchouc, les gilets de sauvetage, les couvertures de survie ou la disparition du petit Aylan Kurdi. Évitant le bégaiement des images médiatiques, il matérialise leur empreinte et leur circulation.

 

Inscriptions aux deux séances par mail à invitation@ens-louis-lumiere.fr

 

 

À l'ENS Louis-Lumière,

La Cité du Cinéma,

20 rue Ampère

93200 Saint-Denis