Présentation :

David Faroult, enseignant-chercheur à l’ENS Louis-Lumière, a soutenu le 25 novembre 2025 son HDR (Habilitation à Diriger des Recherches).

La soutenance portait sur ses travaux intitulés « Historiciser l’esthétique du cinéma ? (Trajet vers un mot d’ordre) »

Mot de présentation par David Faroult : 

« Le dossier scientifique de ma demande d’Habilitation à Diriger les Recherches est composé de 7 tomes. Une synthèse présentant l’ensemble, un ouvrage original inédit consacré à Jacques Rivette et cinq tomes composant le recueil d’une sélection des travaux.

Les travaux présentés dans les cinq tomes composant leur recueil sont en cohérence avec le parcours détaillé dans le document de synthèse intitulé Historiciser l’esthétique du cinéma ? Ce document expose le cheminement vers cette proposition de « mot d’ordre » susceptible de regrouper des chercheuses et chercheurs en études cinématographiques et audiovisuelles au-delà des séparations parfois excessives entre les approches privilégiant l’histoire du cinéma et celles ancrées dans l’étude de son esthétique.
Ce cheminement est caractérisé par une évolution de mon travail étendue sur environ vingt-cinq ans. Au départ, largement nourris de l’étude du dispositif-cinéma, et se situant dans la continuité de recherches stimulées par une approche althussérienne dans l’après-1968, mes travaux ont évolué vers des études d’œuvres singulières, à partir desquelles pouvait se configurer autrement la recherche des relations entre politiques émancipatrices et organisation esthétique des films.
La préoccupation de l’historicisation des compositions esthétiques est apparue au fil du travail sur l’ouvrage personnel, Godard. Inventions d’un cinéma politique. Les choix esthétiques présidant à la composition de chaque œuvre étaient alors conçus suivant leur inscription dans leur conjoncture, en même temps que dans un dialogue avec l’histoire de leur art.

Aussi, le recueil est-il organisé en dialogue avec l’exposé de ce parcours. Sa première partie regroupe les textes sur les cinémas militants et l’étude du dispositif cinéma, issus de la première période de ce trajet.
La deuxième regroupe des études d’œuvres dont les singularités ont obligé à relativiser l’importance du dispositif-cinéma comme instrument d’analyse. Les caractéristiques de films comme ceux de Marco Ferreri ou d’Armand Gatti nouaient tout autrement leurs liaisons avec des préoccupations politiques, irréductibles à leur scénario, dans un dialogue conflictuel avec les héritages réalistes.
La troisième partie regroupe la plupart de mes travaux consacrés à Jean-Luc Godard, dont l’œuvre a constitué un guide et le cinéaste adopté comme prescripteur pour aborder plus généralement le cinéma. Parmi les travaux les plus récents, des questionnements concernant ses usages de la photographie, de la vidéo et des collages, ont permis d’approfondir les études de ses initiatives dans le champ des cinémas politiques et militants auxquels se consacrait l’ouvrage personnel.

Outre les ouvrages intégralement consacrés à Jean-Luc Godard (l’un collectif et l’autre personnel), rejetés en deuxième partie d’annexes du recueil compte-tenu de leur volume pour faciliter la circulation dans le reste du document, la première partie des annexes réunit des entretiens et communications inédites qui font écho ou explicitent des évolutions de ma démarche de recherche évoquées dans le document de synthèse.

L’ouvrage de recherche original, inédit, consacré à Jacques Rivette (Rivette. Enquête politique) est présenté dans l’état actuel de sa rédaction, vouée à être reprise en vue de sa prochaine publication grâce aux retours et suggestion du jury d’habilitation.

Comme l’expose en détail le document de synthèse, une période intermédiaire de ma production de recherche, située dans les années 2008 à 2015, se caractérise par une forme d’inquiétude défiante à l’égard de l’activité théorique quand celle-ci se montre trop prompte à la formulation de généralités que la singularité d’une œuvre pourrait fragiliser. Il en résultat une forme de rectification qui, s’écartant de l’inspiration althussérienne au fondement des théories du dispositif-cinéma, se tourna davantage vers la théorie critique, plus attentive à la perception des singularités du non-identique et soucieuse d’en restituer la dynamique immanente. Cela eut des conséquences sur l’approche de la relation entre la politique et les œuvres : d’abord considérées suivant leur pratique idéologique dans une perspective althussérienne, elles sont peu à peu abordées selon leur façon de médiatiser la politique à l’intérieur du processus esthétique. L’étude du cinéma de Jacques Rivette constitue une tentative, encore en cours, de mise à l’épreuve de cette approche. »

 

La soutenance s’est déroulée au sein de l’Unité de Recherche EA 7343-LIRA – Laboratoire international de Recherches en Arts.

 

Direction : Mme Nicole BRENEZ

Membres du Jury :
M. LAURENT GUIDO
Professeur des universités, Université Sorbonne Nouvelle
M. ANGEL QUINTANA
Professeur des universités, Université de Gérone, Espagne
Mme EUGENIE ZVONKINE
Professeure des universités, Université Paris 8
Mme TERESA CASTRO
Maitresse de conférences-HDR, Université Sorbonne Nouvelle
M. OLIVIER NEVEUX

Professeur des universités, Ecole Normale Supérieure de Lyon
Mme NICOLE BRENEZ
Professeure émérite, Université Sorbonne Nouvelle
Mme PASCALE CASSAGNAU
Inspectrice générale de la Création, Centre National des Arts Plastiques
M. BERNARD EISENSCHITZ
Expert