Giusy Pisano, enseignante-chercheuse à l’ENS Louis-Lumière, interviendra dans le séminaire du laboratoire Thalim consacré à l’Intelligence Artificielle. Celui-ci commencera par la présentation de l’oeuvre « Holy Slop! Un atlas de la « slopaganda » en Palestine » de Barnabé Sauvage, avant de poursuivre avec la communication de Giusy Pisano intitulée « Une archéologie des images trompeuses« .
Giusy Pisano : « Une archéologie des images trompeuses »
Ce projet s’intéresse à l’intelligence artificielle en l’inscrivant dans une histoire longue des images et des médias. Il part de l’hypothèse que les images générées par l’IA ne constituent pas une rupture radicale, mais prolongent et réactivent des dispositifs visuels, des imaginaires et des controverses déjà présents depuis plusieurs siècles. À travers une approche d’archéologie des médias, je propose d’étudier les continuités et les ruptures entre les dispositifs anciens -comme la lanterne magique, le phénakistiscope ou le cinématographe- et les technologies contemporaines de génération d’images. L’objectif est de montrer que les questions aujourd’hui soulevées par l’IA, qu’il s’agisse de l’illusion, de l’authenticité, de la manipulation ou encore de la place de l’auteur, trouvent des échos dans les débats qui ont accompagné l’émergence des médias visuels du XIXᵉ siècle. En mobilisant l’archéologie des médias, cette recherche met en lumière les continuités et les transformations des images dites « trompeuses », afin de mieux comprendre les enjeux esthétiques, culturels et politiques des technologies contemporaines de l’IA.
Barnabé Sauvage : « Holy Slop! Un atlas de la « slopaganda » en Palestine »
« [Cette] installation-essai vidéo sur deux écrans soumet la génération automatique d’image par IA à une enquête d’histoire culturelle et d’archéologie des médias. Sa narration, interprétée par Christa Blümlinger, éclaire la manière dont la propagande générée (slopaganda) promue par les sympathisants trumpistes aux États-Unis s’inscrit dans un continuum d’images techniques, et notamment la photographie orientaliste et les effets spéciaux générés par ordinateur, qui ont historiquement servi à « recréer » ou à « remédier » le territoire de la Terre sainte.
Conçu comme un atlas de photos et de films des premiers temps, mais aussi d’images et de vidéos de films ou récupérées sur les réseaux sociaux, le premier écran explore les réminiscences figuratives de la célèbre vidéo « Trump Gaza » que le président américain a republiée sur son compte Truth Social en 2025 afin de promouvoir son plan de reconstruction du territoire palestinien à l’issue de l’offensive israélienne. Le deuxième écran, développé avec l’aide de l’informaticien Paul Kronlund-Drouault, propose une cartographie idéologique du modèle d’IA Grok, réputé pour sa politique d’utilisation sans restriction sur la plateforme sociale X. À l’aide d’un processus appelé « distillation de modèle », cet écran donne accès aux paramètres du modèle, autrement inaccessibles, et visualise la manière dont certains paramètres techniques orientent la génération vers des représentations stéréotypés héritées de l’imagerie coloniale. »
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Le 9 octobre 2026 de 14h à 16h
à la Sorbonne
(Galerie Rollin, 2ème étage, salle F007)
17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris
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